Bilan

Les grandes ambitions de HSBC en Suisse

Le géant britannique a ouvert il y a neuf mois une nouvelle unité. Son directeur vise une part de marché de 50% d’ici à 2015.

En décembre 2010, HSBC faisait irruption sur le marché du «corporate banking» en créant une unité de services destinés aux entreprises. Le secteur, jusqu’alors, était partagé entre l’UBS, le Credit Suisse et la Banque Cantonale Zurichoise. Des banques étrangères comme le Crédit Agricole et BNP Paribas détiennent aussi des parts du marché. Auparavant responsable du marché des capitaux à la Banque Cantonale Zurichoise, le banquier Roger Thomet dirige cette nouvelle unité.

Bilan Pourquoi HSBC a-t-elle ouvert une unité de «corporate banking» en Suisse, alors que la croissance y est nettement moins dynamique qu’en Asie? Roger Thomet HSBC a déjà une position très forte dans les régions émergentes que sont l’Amérique latine et l’Asie. En revanche, notre réseau est moins dense en Europe. De par la solidité de son bilan, HSBC est sortie renforcée de la crise financière. Le siège a alors décidé de renforcer sa présence sur le Vieux-Continent pour répondre à la demande de la clientèle. Des entités de corporate banking ont ouvert en Belgique et en Hollande en même temps que la nôtre.

B Votre clientèle d’entreprises exportatrices souffre-t-elle du franc fort? RT Les firmes actives dans des niches, notamment en technologie, continuent à facturer leur prix en francs suisses sans conséquence sur leurs ventes. Pour les autres, la force du franc suisse accélère le processus qui fait que les sociétés délocalisent pour produire toujours davantage à proximité du marché final.

B Quel bilan pouvez-vous tirer de ce premier semestre d’activité? RT Le marché suisse répond de manière très positive. Avec 300 000 employés dans 87 pays et une offre de corporate banking dans plus de 60 nations, HSBC jouit d’une situation très privilégiée.

B Quel type de prestations proposez-vous? RT Nous permettons par exemple à une firme suisse de transférer l’argent nécessaire pour payer les salaires des ouvriers de son usine au Vietnam. Nous faisons aussi du financement de négoce en aidant un exportateur suisse en Egypte à acquérir la marchandise nécessaire pour sa production.

B Quelle part de marché visez-vous? RT Notre clientèle est constituée par les firmes dont les revenus dépassent 100 millions de francs, soit quelque 750 sociétés en Suisse. Nous visons une part de marché de 50% d’ici à 2015. Notre force est que nous pouvons appeler depuis la Suisse un collègue de la banque que nous connaissons personnellement à Hongkong comme en Arabie saoudite. Nous sommes maintenant 16 collaborateurs. D’ici à la fin de l’année, nous devrions être une vingtaine.

B Quelles sont les langues privilégiées à l’échelle d’un groupe mondial comme HSBC? RT Les langues de référence sont l’anglais, l’espagnol et le chinois. Sur les marchés nationaux, on travaille avec l’anglais et l’idiome local. En Suisse, l’équipe parle évidemment les langues nationales en plus de l’anglais.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

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Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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