Bilan

Les hedge funds en panne de rendement

Les taux zéro sont défavorables aux stratégies alternatives. Investir dans un indice, avec moins de frais, a été un meilleur placement en 2012.

Les hedge funds ne font plus rêver. Leur performance 2012 était de 5,63% (indice Eurekahedge), contre 16% pour l’indice S&P 500 des actions américaines, et 13,75% pour le MSCI Monde. Les «stars» du secteur n’ont pas impressionné. Un fonds de John Paulson figure parmi les trois plus mauvais de l’année (Paulson Advantage: -25%), et les fonds JabCap de Philippe Jabre affichent entre +2 et -5%.

En moyenne, les hedge funds n’ont pas fait mieux, l’an dernier, que les bons du Trésor à dix ans. Sur la décennie écoulée, le S&P 500 surperforme les hedge funds. Investir passivement dans un indice, avec un miminum de frais, aurait donc permis de battre l’alternatif. Et un portefeuille composé de 60% d’actions et de 40% de bons du Trésor affiche aussi de meilleurs rendements. De quoi remettre en question l’«alpha», cette surperformance attribuée au talent individuel des gérants alternatifs.

Les performances des indices de hedge funds seraient même surestimées de 3 à 5% par an, si l’on tient compte des nouveaux fonds qui ne publient que des chiffres partiels, et des fonds sous-performants qui cessent de publier dès qu’ils perdent trop d’argent.

Des stratégies trop similaires

Dans cette industrie qui gère plus de 1780 milliards de dollars, l’encombrement plombe les performances. Trop d’investisseurs recherchent les mêmes stratégies, trop de gérants effectuent les mêmes paris. 

«L’environnement actuel ne favorise pas l’alternatif, en raison du niveau extrêmement bas des taux d’intérêt, explique Alessandro Mauceri, CEO de Palaedino Asset Management à Genève. En effet, le recours au levier par les hedge funds fonctionne lorsque les taux sont plus élevés, offrant une base de rendement positive, qui permet le déploiement de stratégies de levier sur des placements de taux d’intérêt.» Aujourd’hui toutefois, avec les taux zéro, auxquels s’additionnent les frais, l’année commence déjà en terrain négatif. C’est pourquoi, depuis deux ans, les stratégies passives s’en sortent mieux. «Cependant, souligne Alessandro Mauceri, je pense que c’est seulement une phase, et qu’à moyen-long terme, les hedge funds apportent une bonne diversification aux portefeuilles.»  

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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