Bilan

Les jeunes loups de la finance représentent la pire des menaces

Selon une étude américaine, Wall Street n’a pas tiré de leçon de la crise financière. Un quart des sondés seraient prêts à commettre des délits d’initié.
Les jeunes diplômés de Wall Street seraient plus prompts à commettre des actes frauduleux que leurs collègues seniors. Crédits: AFP

« Beaucoup d’acteurs dans le secteur financier semblent avoir perdu leur boussole morale. Les professionnels les plus jeunes constituent la plus grande menace pour les investisseurs. »

Cinq ans après la chute de Lehman Brothers, le constat est amer pour Labaton Sucharow, un cabinet d’avocats américain spécialisé dans la défense des « lanceurs d’alerte » qui a publié son second rapport annuel mardi dernier.

De façon confidentielle, cette enquête a sondé la vision de professionnels américains de la finance – traders, analystes, banquiers d’investissement – concernant l’éthique des affaires, les méfaits au sein de leur employeur actuel et le rôle des régulateurs sur les marchés.

Plus de la moitié des interrogés considèrent que leurs concurrents ont commis des malversations. Ils ne sont plus « que » 24% à penser que leurs propres collègues se sont livré à des activités frauduleuses. Plus préoccupant, près d’un tiers parmi eux jugent qu’il peut être nécessaire de violer la loi pour réussir.

« Davantage de scandales »

Labaton Sucharow est surtout alarmé par les chiffres suivants : un quart des sondés admettent qu’ils seraient prêts à commettre des délits d’initié s’ils pouvaient s’en tirer sans être punis, tandis que 28% jugent que leurs employeurs placent leurs propres intérêts avant ceux des clients. Enfin, ils sont 23% à avoir assisté à des malversations dans leur propre entreprise.

C’est à la suite de son enquête que le cabinet américain a constaté que les jeunes diplômés de Wall Street interrogés étaient bien plus prompts à accepter ou à commettre des actes frauduleux au sein de leur établissement que leurs collègues seniors.

« Wall Street doit faire le premier pas pour se redresser et admettre qu’il y a un problème d’éthique. Sinon, Main Street devra se préparer à davantage de scandales », commentent les auteurs de l’étude.

 

Dino Auciello

ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

Lui écrire

Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

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