Bilan

Les marchés restent calmes malgré le crash en Ukraine

Au lendemain du crash d'un avion de ligne malaisien en Ukraine, Wall Street a ouvert en hausse, suivant ainsi les places européennes qui on limité leurs pertes dans la matinée.

Au lendemain du crash de l'avion de Malaysian Airlines en Ukraine, Wall Street a ouvert en légère hausse.

Les marchés financiers se reprenaient vendredi et observaient avec calme les derniers développements autour du crash d'un avion de ligne malaisien en Ukraine. Suivant l'exemple des places européennes qui ont limité leurs pertes dans la matinée, la Bourse de New York a même ouvert en légère hausse. La nouvelle de l'accident, juste avant la fermeture des places européennes jeudi, avait fait décrocher nettement les indices en Europe, avant que l'onde de choc ne se propage à Wall Street, puis aux marchés asiatiques dans la nuit.

"La réaction jusqu'ici relativement calme des marchés financiers aux derniers développements tragiques de la crise en Ukraine - et à l'escalade du conflit à Gaza et aux avancées d'Isis en Irak - pourraient laisser penser que le sentiment des investisseurs est largement imperméable aux risques géopolitiques. Mais nous restons prudents", ont estimé dans une note les analystes de Capital Economics. Aux alentours de 14H00 GMT à New York, le Dow Jones progressait de 0,27% et le Nasdaq de 0,67%. En Europe, la Bourse de Londres était à l'équilibre, celle de Francfort cédait 0,47%, Paris gagnait 0,12% et Milan 0,33%.

Après une première onde de choc qui s'est propagée jeudi soir et vendredi matin jusqu'en Asie, les investisseurs européens ont surtout essayé vendredi matin de démêler le vrai du faux dans le crash de cet avion transportant 298 personnes dans une zone ravagée par la guerre civile et vraisemblablement abattu par un missile, une catastrophe potentiellement explosive. "Les investisseurs prennent clairement du recul par rapport à ce qui s'est passé en Ukraine", a estimé Renaud Murail un gérant de Barclays Bourse. Commentant le marché américain, Patrick O'Hare, de Briefing.com, estimait que la place tentait de panser ses plaies à l'orée du week-end "après l'une des séances les plus frénétiques, du point de vue des gros titres, que nous ayons eue depuis longtemps".

"Opération terrestre d'Israël à Gaza et crash d'un avion civil en Ukraine, le risque géopolitique revient sur le devant de la scène boursière et financière en cette fin de semaine", résume Christopher Dembik, un analyste de Saxo Banque.

"Le risque le plus extrême d'une guerre ouverte entre l'Ukraine et la Russie, qui déstabiliserait l'Europe, ne se matérialisera probablement pas. Mais avec le crash, la confiance des consommateurs et des acteurs économiques va peut-être être encore un peu plus ébranlée en Europe", a estimé Holger Schmieding, un économiste de la banque Berenberg. "La situation est dangereuse. Toutefois", avec ce dernier développement tragique, "le comportement de tout le monde en Ukraine est maintenant observé à la loupe et la pression pour résoudre le conflit s'est accrue significativement", a-t-il développé.

Sur le marché de la dette, traditionnel refuge, les taux d'emprunt à 10 ans des principaux pays de la zone euro se stabilisaient aussi, mais la France a néanmoins inscrit un nouveau record dans la foulée de l'importante détente enregistrée la veille.

A la Bourse de Moscou en revanche, le repli était plus marqué, l'indice Micex, libellé en roubles, cédait 1,85% et le RTS, en dollars 2,32%.

L'annonce du crash est venue s'ajouter aux nouvelles sanctions décidées mercredi soir par les États-Unis et l'Union européenne contre la Russie pour son rôle dans la crise ukrainienne.

Avant l'ouverture des places européennes, les marchés asiatiques, dans le sillage de la Bourse de New York qui a plongé (-0,94% pour le Dow Jones et -1,18% pour l'indice élargi S&P 500) ont aussi plus nettement accusé le coup, la Bourse de Tokyo notamment perdant 1,01%.

Si les places européennes font face pour le moment, et que les séparatistes prorusses ont promis un accès libre aux enquêteurs internationaux, les marchés risquent toutefois d'être fragilisés pendant un certain temps.

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