Bilan

Les placements d'Antonio Palma: associé et CEO de Mirabaud & Cie, banquiers privés

«Ma carrière s’est déroulée comme une partie de flipper, raconte Antonio Palma, CEO de la Banque Mirabaud & Cie. La boule rebondissait et je ne savais jamais où elle allait atterrir.» Installé dans le confortable salon qui domine la plaine de Plainpalais à Genève, où il nous reçoit, Antonio Palma se montre aussi cordial que disert. En bon méditerranéen, il aime l’échange.

D’origine espagnole, il arrive enfant en Suisse. Bon élève, il veut devenir avocat. «J’adorais les films de cours de justice. J’étais passionné par les plaidoiries, par l’argumentaire, raconte-t-il. Mais je me suis inscrit en architecture par facilité.» Son diplôme en poche, vers la fin des années 1970, il débarque dans une société de construction sinistrée. «Avec mon nom, mes employeurs ont cru que je ne pouvais être que manœuvre, mais je ne savais même pas tenir une brouette, sourit-il. Comme j’étais capable de lire des plans, j’ai été déplacé au bureau, tout en étant payé comme un manœuvre.»

Le secteur bancaire, à l’époque, engage du monde. Alors, en juillet 1978, il saisit la balle au bond et entre à la Banque Populaire. «Mais je ne voulais pas faire du classement toute ma vie. J’ai alors décidé de me former.» Coup sur coup, il obtient un certificat fédéral d’employé de commerce, un brevet fédéral d’agent fiduciaire et un diplôme fédéral d’expert-comptable, entre autres. Et le tout en parallèle. «J’ai traversé toutes les strates de la banque, surtout le contrôle du risque et la comptabilité.» Et ce dans plusieurs établissements de la place ainsi que chez Pricewaterhouse: «Toujours l’effet boule de flipper.»Aujourd’hui, il dirige Mirabaud & Cie, qu’il a rejoint il y a près de vingt ans. «Je ne voulais plus travailler pour des entités anonymes, mais pour des hommes qui prennent des décisions avec leur argent, et non avec celui des autres», reprend Antonio Palma. Lors de son engagement, Pierre Mirabaud lui demande de l’aider à faire passer la banque à la prochaine génération. Le défi l’emballe. En 2010, il préside au rachat de l’espagnol Venture Finanzas. «Avant l’Espagne, j’ai ouvert Mirabaud en France, qui me semblait prioritaire. Maintenant que ce rachat est réalisé, je suis fier de m’en occuper.» C’est le cœur qui parle.

Le 1er janvier 2011, la banque a mis en place une nouvelle structure avec quatre lignes de métiers, Gestion privée, Asset management, Intermédiation et Opérations & Finance. Fin 2010, le groupe gérait des avoirs pour un montant de 25 milliards de francs. Il compte actuellement quelque 600 collaborateurs.

 

 

 

 

 

 

MES FAVORIS

Pour garder votre sérénité en toutes circonstances?Je donne mon argent à gérer à un professionnel, je lui fais confiance et je n’y pense plus. Je n’aime pas me charger de ces émotions. Je préfère m’intéresser à la gestion de l’argent des autres.Votre meilleur placement?En 1980, j’ai perdu sur les métaux précieux, en 1990 sur les warrants japonais et en 2000 sur les sociétés de la nouvelle économie. Ces placements ont été les meilleurs parce que ce sont eux qui m’ont le plus appris.Votre signal pour sortir d’une position?Quand tout le monde dit que tel ou tel véhicule de placement est fantastique.

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