Bilan

Les placements de Blaise Goetschin

Blaise Goetschin demeurera dans la chronique genevoise comme le champion de la Banque Cantonale. Quand en 2000, il a endossé ses fonctions de CEO, il a hérité d’un navire en perdition avec un bilan qu’il fallait nettoyer de 5 milliards de crédits immobiliers pourris. Aujourd’hui, alors que le procès des ex-dirigeants de la banque bat son plein, c’est une entreprise florissante que Blaise Goetschin mène à travers les tempêtes et accalmies du marché. La Banque Cantonale, c’est lui. Ou plutôt, il est la Banque Cantonale. D’ailleurs, il ne dit jamais «je». Il dit toujours «nous»: «Nous avons profondément changé les valeurs de la banque», raconte-t-il. Quelles valeurs? La prudence? «Pas nécessairement. La qualité plutôt.» Une stratégie qui fonctionne. Pour le sixième semestre consécutif, le bilan de cette banque de 817 collaborateurs progresse pour s’établir à 14,167 milliards.

Dans son vaste bureau dominant le splendide paysage de la rade de Genève, la discussion est cordiale. Et l’homme passionné malgré une apparente austérité. «Aujourd’hui, ce qui nous préoccupe le plus, c’est la difficulté des régulateurs à encadrer notre industrie sans la tétaniser», déplore Blaise Goetschin. Mais qui est ce fameux «nous»? «Pour me seconder, j’ai choisi des personnes qui me sont contraires, explique-t-il. J’aime être bousculé.» Dans sa garde rapprochée, il y a même des catholiques. Un comble pour ce protestant convaincu.

Si convaincu qu’il a commencé son cursus universitaire par un semestre en théologie avant de rejoindre HEC Lausanne. «J’avais besoin d’horizons et d’action, raconte-t-il. La théologie était trop élitiste et pharisienne pour moi.» Après une expérience professionnelle au Credit Suisse, il a restructuré le service des finances de l’Etat de Vaud. Puis il a dirigé la filiale suisse de la banque US Fiduciary Trust International. C’est dire qu’il était taillé pour son job à la BCGE.

Blaise Goetschin est également officier à l’armée suisse, où il a gravi les échelons jusqu’au grade de major: «L’armée est un modèle de management irremplaçable, souligne-t-il. Elle enseigne la discipline et la conduite, que l’on n’acquiert pas à l’université.»

 

MES FAVORIS

Votre premier investissement? Des actions du Credit Suisse. A l’époque, je ne raisonnais pas en termes d’allocations d’actifs mais par «coup de cœur». Je continue à respecter ce principe en recherchant les plus belles entreprises.

Votre véhicule de placement favori? Les actions. Si l’on observe l’évolution des marchés depuis les années 1920, c’est la classe d’actifs qui a le mieux performé. Contrairement à la finance casino, la vocation des entreprises est de créer de la valeur réelle.

Comment se compose votre portefeuille? Environ un tiers d’actions BCGE et environ un autre tiers constitué de notre fonds Best of World Equity. Le reste se compose de positions sur des titres comme l’américaine Franklin Templeton Investments, active dans la gestion de fortune institutionnelle.

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