Bilan

Les placements de Nicolas Gonet

Lorsque Nicolas Gonet se trouve à proximité de la porte d’entrée de la banque familiale du boulevard du Théâtre à Genève, il accueille lui-même le visiteur. En toute spontanéité. Ce qui frappe d’emblée chez lui, c’est sa légèreté et son ouverture à l’autre. On se sent immédiatement à son aise. Il reconnaît sa sensibilité aux autres: «Je suis un intuitif qui s’intéresse aux gens.» Il accueille le visiteur, comme il fait de tout au sein de l’établissement. «J’agis sur tous les fronts», déclare le jeune associé de 41 ans. Tous les fronts? «Je rencontre des clients, je gère des questions de personnel ou de compliance, je garde un œil sur les portefeuilles clients, je règle des affaires courantes au fur et à mesure qu’elles se présentent, et avec le collège des associés, nous prenons des décisions stratégiques, poursuit-il. Cette diversité, c’est ce qui rend mon métier passionnant.»

Plus jeune, ce banquier de la cinquième génération se serait bien vu médecin, «pour aider». Il opte cependant pour des études en sciences économiques et sociales à l’Université de Fribourg. Et se pique au jeu. S’ensuivent alors différents stages dans des banques à Londres, à New York et au Luxembourg, dont Merrill Lynch et Credit Suisse. Un parcours qui le mène naturellement à rejoindre, en 1997, la Banque Gonet & Cie, où il sera nommé associé gérant indéfiniment responsable en 2003. La mission de Nicolas Gonet consiste à mettre de l’huile dans les rouages, là où ils grincent. Il résume cette mission en quelques verbes: «Comprendre, rassurer, accompagner, soutenir, aider.»

La méthode fonctionne, puisque entre janvier 2008 et décembre 2009, la masse sous gestion et les effectifs ont augmenté de 50%. Et, depuis le début de l’année, la croissance s’est poursuivie à hauteur de 25%.Un métier passionnant, donc. Mais pas envahissant. «La banque est au cœur de ma vie, mais elle n’est pas toute ma vie», résume Nicolas Gonet. Lorsqu’il quitte son bureau, le soir, il ne pense plus aux affaires. Il y a la famille. Et puis la passion pour la musique, toutes les musiques. Certains week-ends, il officie même comme DJ pour ses amis. «Depuis juin, j’ai déjà animé cinq soirées, s’enthousiasme-t-il. J’adore cela. Il faut être à l’écoute des autres, deviner ce qui leur fera plaisir.» Et puis il y a aussi l’amour de la montagne.

De Zermatt et du Cervin en particulier. Il participe régulièrement à la Patrouille des Glaciers et aime l’effort en solitaire: «Quand je marche, je suis seul. Je peux méditer. Réfléchir et trouver des idées.»

 

MES ASTUCES

Votre premier investissement? J’avais un carnet d’épargne. A 18 ans, j’ai demandé conseil à mon père, qui m’a orienté vers Nestlé. De 1986 à aujourd’hui, le titre a gagné 800%. Acheter du Nestlé et le garder, c’est le meilleur conseil qu’on vous donnera.

Quel est votre indicateur personnel pour acheter? Je dois comprendre le modèle de la société où j’investis. Ainsi, en 2000, j’ai acheté des actions eBay: l’idée de se servir de la puissance d’Internet pour vendre des biens me semblait géniale. Le truc? Repérer les sociétés pionnières dans un domaine,les premières.

Et pour vendre? Je me sers de l’analyse technique. Je suis le titre et sa tendance. Un titre oscille naturellement à l’intérieur d’un couloir. Dès que j’observe une cassure de cette tendance naturelle, une sortie brutale du couloir, en général, je vends.

 

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