Bilan

Les placements de Pierre Pâris: Président de la Banque Pâris Bertrand Sturdza

«Notre métier ressemble à la haute couture. Quand un grand couturier crée un modèle, il peut le faire confectionner en dix exemplaires. Pas en mille. Notre banque, c’est pareil. Ce n’est pas sa taille qui compte, ni le montant des avoirs sous gestion, ni le nombre de nos clients. Ce qui compte, c’est la qualité du conseil, et le temps que chaque gestionnaire consacre à chaque client.» Pierre Pâris est intarissable quand il parle de la Banque Pâris Bertrand Sturdza, qu’il a cofondée en avril 2009, en pleine crise financière, avec Eric Sturdza et Olivier Bertrand.

A peine les salutations d’usage expédiées, il se lance: «Gérer la fortune d’entrepreneurs et de grandes familles n’a rien à voir avec la vente de produits d’investissement. Nous n’avons pas de produits, pas de rétrocessions, donc pas de conflits d’intérêt.» Ce banquier d’origine française se montre calme et courtois. Nul doute que ces qualités sont précieuses dans ses relations avec la clientèle. Pierre Pâris s’exprime avec rapidité, les idées s’enchaînent, comme si sa pensée allait plus vite que ses paroles. Mais autant il est enthousiaste quand il évoque la banque, autant il fait silence quand on lui demande de parler de lui. «Cela n’a pas d’intérêt, dit-il. L’important, c’est mon métier.»

Diplômé de l’EM Lyon et détenteur d’un MBA de Wharton School, il débute sa carrière chez Bain & Company, «dans l’économie réelle». Puis, il entre chez Barings France, où il fait la connaissance d’Eric Sturdza, et y reste dix ans. Il travaille ensuite pour Morgan Stanley, puis rejoint UBS Wealth Management à Genève en 2005, où il deviendra vice-chairman pour l’Europe de l’Ouest.

Un jour, un client très fortuné lui dit: «J’espère que vous n’aurez pas de succès.» Pierre Pâris panique, puis comprend: «Si nous étions trop sollicités, nous n’aurions plus le temps de nous occuper de lui.» C’était lumineux. Un créneau apparaissait sous ses yeux: une banque à taille humaine, proche de la clientèle et axée sur la gestion de fortune. La crise représente davantage une opportunité qu’un risque: «Les clients avaient plus que jamais besoin de soutien expérimenté et indépendant.» C’est ainsi que, avec ses partenaires, il retourne aux racines de la banque privée et crée, selon ses propres mots, «une banque du XIXe siècle, disposant des outils du XXIe».

La banque comptait huit collaborateurs à sa création en 2009. Aujourd’hui, ils sont 35. «En janvier, nous déménageons, nos locaux sont devenus trop exigus.» Côté chiffres, nous n’en saurons pas plus. La discrétion est l’apanage du banquier privé. Son côté XIXe siècle peut-être.

 

 

MES FAVORIS

Votre premier placement?L’action d’une compagnie immobilière marseillaise, qui a disparu depuis. J’avais 14 ans et je regardais les cours dans le journal. J’ai vu que le titre était au plus bas, je l’ai acheté et je l’ai revendu au plus haut. J’ai gagné, mais c’était la pire façon de faire.Votre signal pour acheter?Il n’y a pas de signal, il n’y a que des analyses, des stratégies très réfléchies d’allocation d’actifs à long terme.Pour garder sa sérénité en toutes circonstances?Il faut faire preuve de prudence.

 

 

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