Bilan

Les placements de Serge Ledermann: directeur exécutif du groupe Heritage

Intelligent, ambitieux, solide avec une part de fragilité. Tel est le portrait de Serge Ledermann en quatre qualificatifs que dressent ceux qui le connaissent. Le regard droit, la poignée de main ferme, le banquier genevois sait garder la bonne distance, n’être ni trop froid, ni trop cordial, juste ce qu’il faut pour un dialogue harmonieux dans les limites de la bienséance.

L’intelligence d’abord. «J’ai choisi des études d’économie par désir de comprendre la mécanique des entreprises, raconte ce licencié de HEC Lausanne. Je voulais aussi comprendre la logique de la réussite. Et celle de l’échec.» En 1988, il entre chez Lombard Odier & Cie, où il devient chef de la recherche en actions suisses. «Là, j’ai réalisé qu’il n’existait aucune formation d’analyste financier», poursuit-il. Alors, au début des années 1990, avec ses pairs de l’Association suisse des analystes financiers (SFAA), qu’il présidera de 1998 à 2001, il crée la première formation spécifique de haut niveau, le CFPI, rebaptisé aujourd’hui AZEK. Avec le succès que l’on sait. L’ambition ensuite. Quand il entre à l’Union Bancaire Privée (UBP), en 1995, c’est pour créer en tandem avec André Gigon, l’activité de gestion institutionnelle de la banque. Un nouveau succès. En 2001, il retourne chez Lombard Odier, avec l’idée de rejoindre le comité exécutif, et à terme le cercle des associés. Mais après la fusion qui a donné LODH et l’arrivée en 2006 du banquier d’affaires Hubert Keller, 40 ans, au collège des associés, il est repoussé dans l’ombre. Il n’est pas heureux. Voilà pour la fragilité.

Il quitte LODH en août 2008. Sans projet, mais sans crainte. «J’ai activé mon réseau, qui a fonctionné au-delà de mes espérances», relève-t-il. C’est ainsi qu’il rejoint la Banque Heritage, 250 collaborateurs et 8 milliards sous gestion, où il retrouve son ancien camarade d’HEC, Carlos Estève, qui le charge de développer la plateforme d’investissement. Un défi, encore.

Et enfin, côté solidité, il y a le sport. Serge Ledermann pratique le triathlon à raison de huit à dix heures par semaine. «Le sport m’a donné deux certitudes.» Lesquelles? «On ne gagne jamais tout seul. Et on ne gagne jamais sans sueur.»

 

MES ASTUCES

De quoi se compose votre portefeuille? Un tiers en actions, avec un mélange de titres en direct et de fonds de placement. Un autre tiers est constitué d’obligations, essentiellement du crédit. Et je détiens 15% en gestion alternative et en or. Le reste, en liquidités.

Un indicateur personnel pour acheter? Je me base sur la finance comportementale. Lorsque le marché montre un mélange de négativisme, de positions extrêmes des investisseurs et des classes d’actifs entières délaissées, le risque est faible. Mais je ne me lance que s’il existe en sus des déclencheurs de hausse, comme un changement de politique monétaire.Comment garder sa sérénité? Ne placez que l’argent dont vous n’aurez pas besoin demain. Et n’investissez jamais dans des véhicules que vous ne comprenez pas.

 

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