Bilan

Matières premières: un marché attractif?

Depuis la crise de 2008, le secteur a montré une performance bien moindre comparée à celle des actions. Son potentiel de rattrapage serait donc considérable. Explications.
Champ de cannes à sucre au Salvador. Le sucre a perdu 9,8% au premier trimestre 2013. Crédits: José Cabezas/AFP

Contrairement à la Bourse, les commodities ne se sont jamais vraiment remises de la crise de 2008-2009. Cette année, durant le premier trimestre, l’indice DJ UBS perdait 2,6% alors que l’indice S&P 500 des actions américaines prenait 10,1%. Alain Freymond, le CEO de BBGI Group, en tire un argument pour plaider en faveur d’un positionnement dans ce secteur: à long terme, explique-t-il, les actions et les matières premières évoluent presque en parallèle, si bien que les secondes ont un potentiel de rattrapage considérable.

Calculée sur l’indice Goldman Sachs, la performance annuelle moyenne des commodities atteint 9,4% à long terme, à peine inférieure à celle des actions américaines en dollars, soit 10,3%. Mais ce quasi-parallélisme peut ne pas se vérifier pendant de longues années. C’est le cas depuis la crise: début avril, l’indice Goldman Sachs s’inscrivait toujours en baisse de 33% par rapport au 11 octobre 2007, alors que le S&P 500 avait retrouvé son niveau d’alors.

D’où le potentiel de rattrapage des matières premières par rapport aux actions, d’autant que le différentiel s’est encore accru à mi-avril. En effet, le krach de l’or a entraîné à sa suite certaines matières premières. Le cuivre, qui avait bien commencé l’année, a amorcé un décrochage en février pour s’inscrire en baisse de 6,4% au premier trimestre, avant de céder encore quelque 7% entre le 12 et le 16 avril.

Toutefois, les comparaisons avec les actions doivent être relativisées à deux niveaux: d’une part, il y a une vingtaine de commodities activement traitées, qui affichent des performances très différentes. Au premier trimestre de l’année, par exemple, le coton s’inscrivait en hausse de 17,9% alors que le sucre perdait 9,8%. D’autre part, il n’y a pas d’indice de référence incontesté tel que le S&P 500 ou le Dow Jones pour les actions.

Les deux indices les plus cités sont le CRB, qui existe depuis les années 1930, et le Goldman Sachs, où l’énergie entre pour 73% et qui reflète donc faiblement l’évolution des matières premières agricoles ou industrielles. A Copenhague, Ole Hansen, chef de la stratégie pour les commodities de Saxo Bank, relève que le Dow Jones UBS Index est plus équilibré puisqu’il est réparti à parts à peu près égales entre matières premières agricoles, industrielles et énergie. Il reste que le Goldman Sachs, déjà ancien, se prête mieux aux comparaisons à long terme. 

Trois fonds de droit suisse

Pour les investisseurs, la composition des indices n’est pas sans intérêt car beaucoup choisissent de se positionner sur un fonds de placement ou un ETF basé sur l’un ou l’autre d’une demi-douzaine d’indices. Pour l’investisseur professionnel, le marché des futures comporte un effet de levier de 10, alors que les ETF permettent de ne pas risquer plus que le capital investi. L’éventualité d’une livraison physique de la marchandise faisant l’objet d’un contrat n’est pas non plus à exclure pour le spéculateur distrait qui oublierait de dénoncer une opération portant, par exemple, sur quelques milliers de tonnes de sucre.

Malgré l’intérêt qu’il présente, le marché des commodities est peu présent dans les portefeuilles: à fin 2009, il n’existait encore que 3 fonds de placement de droit suisse, rappelle Alain Freymond. Contrairement à d’autres, son fonds BBGI Commodities, lancé en 2005, pratique une gestion active et ne se contente pas de répliquer un indice. 

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