Bilan

Ne m’appelez plus jamais Rubik

Il est l’inventeur de Rubik, l’impôt libératoire au secours de la place financière suisse. Le Tessinois Alfredo Gysi, CEO de la Banque BSI, ne boude pas son plaisir en constatant que son projet commence à recevoir des échos favorables en dehors de la Suisse. L’occasion de revenir sur la genèse d’un projet qui ne doit plus être appelé «Rubik».BILAN Quand vous est venue cette idée?ALFREDO GYSI Au début de 2009. Le contexte, entre crise financière et attaques contre le secret bancaire, ne pouvait guère être pire pour les banques suisses. Je me suis dit que ce n’était pas le moment de subir, mais qu’au contraire il fallait opter pour une attitude proactive. Une stratégie que l’Association suisse des banquiers a adoptée à partir de l’été 2009 et remarquablement promue ensuite.B Pourquoi cet impôt libératoire?AG En Italie, il existe un impôt prélevé à la source par les banques ou les fiduciaires sur les comptes des clients qui préfèrent rester discrets sur leurs avoirs. L’Allemagne connaît d’ailleurs une solution identique. Je me suis dit que si l’on pouvait imaginer un système similaire pour les clients étrangers des banques suisses, non seulement on contenterait les voisins européens de la Suisse en leur rétrocédant les recettes fiscales qui leur échappent du fait de l’évasion, mais on sauverait également ce qui est le plus important pour les clients et notre pays, le respect de la sphère privée.B Pourquoi l’avoir appelé Rubik?AG Alors que je travaillais sur le projet et que je cherchais un titre pour ma présentation PowerPoint à l’Association suisse des banquiers, mon fils surfait sur Internet sur un autre ordinateur et regardait une vidéo de son ami Federico participant au championnat européen de cube Rubik. En voyant cela, l’image m’a semblé parfaite. Mon projet essayait de réconcilier toutes les parties dans le dossier du secret bancaire. C’était comme remettre toutes les cases à la bonne place. B Un nom à succès…AG Oui, puisque finalement c’est le nom que tout le monde a utilisé pour évoquer ce projet. Au bout d’un moment, l’entreprise qui fabrique le cube nous a demandé de cesser d’utiliser ce nom. Ce que nous respectons scrupuleusement dorénavant, même si les médias continuent bien souvent à l’évoquer.

Pierre-Yves Frei

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