Bilan

Opération séduction au Kirghizistan

Le pays de 5,5  millions d’habitants se réforme progressivement pour attirer les investisseurs. Membre de l’OMC, il accélère ses réformes pour moderniser son économie.

Atouts touristiques. Le lac Issyk-Kul est le deuxième plus grand lac de montagne du monde.

Crédits: Dr

Ce lointain pays est méconnu. Pourtant, depuis son indépendance gagnée dès 1991, le Kirghizistan innove et entend être un «élève modèle». Comme le déclarait récemment son ministre de l’Economie, Temir Sariev: «Nous avons été le premier pays d’Asie centrale à déclarer notre indépendance, à introduire une monnaie nationale, à privatiser les entreprises étatiques, à créer une démocratie parlementaire et à entrer au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).»

L’économie kirghize a été gravement touchée par l’effondrement du bloc soviétique. 98% de ses exportations étaient destinées aux autres républiques de l’URSS. Sans oublier les manifestations de 2010 qui avaient été violemment réprimées avant de provoquer la chute du gouvernement. Aujourd’hui, ce pays de 5,5  millions d’habitants se réforme progressivement pour séduire les investisseurs. Une nouvelle loi sur le partenariat privé-public a été adoptée.

L’Etat a ramené le nombre de services publics payants de 21 000 à 385. Une loi institue un régime d’exemption de visa pour les ressortissants de 44 pays (dont la Suisse) dont le séjour n’excède pas soixante jours. Le principe de guichet unique est en train d’être adopté pour le commerce extérieur, etc. D’une manière générale, le régime commercial de la République kirghize compte parmi les plus libéraux d’Asie centrale et de l’ex-URSS.

Parmi ses autres atouts, l’ambassadrice et représentante permanente du Kirghizistan à Genève, Gulnara Iskakova, cite la situation géographique du pays, des taxes très basses, l’absence de différenciation entre les investisseurs étrangers et nationaux, l’accord signé en 1999 entre la Suisse et le Kirghizistan pour faciliter les investissements et protéger les investisseurs, la convention entre les deux pays sur la double imposition (signée en 2001) ou encore le fait que ce pays occupe la 68e place dans le classement Doing Business 2014 de la Banque mondiale sur le climat des affaires. Un classement dominé par Singapour et où la Suisse se situe au 29e rang et la France au 38e. 

Nombreux atouts

Les opportunités d’investissements sont multiples: «Nous souhaitons optimiser notre production d’électricité hydraulique. 90% de notre électricité vient de nos installations, mais nous n’utilisons pour l’heure que 10% de notre potentiel, évalué à 142 milliards de kilowattheures», relève l’ambassadrice.

Le secteur minier est aussi intéressant. Le sous-sol de ce pays est riche en or. La mine de Kumtor, exploitée par la compagnie canadienne Centerra, est la principale pourvoyeuse de recettes du pays en produisant en moyenne 600 000 onces par année. Le pays est également le 3e plus important producteur d’antimoine.

Les autorités souhaitent aussi agrandir leurs aéroports (Bichkek, Osh et Tcholpon-Ata) afin de doper le tourisme. En effet, ce pays possède d’immenses attraits avec notamment son lac Issyk-Kul, le deuxième plus grand lac de montagne du monde. De nombreux sommets montagneux pourraient permettre le développement de nouvelles stations de ski. Actuellement, il existe la station Orlovka. Le Suisse Hans-Peter Pleisch, CEO de la société ferroviaire Davos-Klosters Bergbahnen, a investi sur place dans les remontées mécaniques.

Sans oublier encore la nécessité de moderniser le secteur agricole afin de doper les exportations. Bref, les possibilités d’investissements ne manquent pas. 

infos: kyrgyzmission@bluewin.ch

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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