Bilan

Orell Fussli n'a pas fini de se mordre les doigts

Le vol de billets de banque intervient au pire moment pour le spécialiste zurichois de l'impression. Sa réputation s'en trouve entachée alors que le groupe se bat contre les chiffres rouges.
  • Ce sont des billets de 1000 francs qui ont été volés mais ils sont dépourvus de marques de sécurité. Crédits: Keystone
  • L'Agence britannique de lutte contre la grande criminalité organisée a signalé en octobre 2012 à la Police judiciaire fédérale qu'un bureau de change londonien échangeait des billets de 1000 francs suisses douteux. Crédits: Keystone
  • Le montant des billets volé atteint 1,8 million de francs mais ils sont inutilisables car il manque des repères de sécurité. Orell Fussli fait partie des principaux imprimeurs du pays. Crédits: Keystone
  • La vol a eu lieu en 2012 déjà. La Banque Nationale Suisse et son président Thomas Jordan ont exigé des mesures de sécurité supplémentaires. Crédits: Keystone
Le nom d'Orell Füssli inspirait auparavant la confiance dans le secteur très pointu de l'impression de sécurité, comme les billets de banque. Mais çà, c'était avant le vol, comme le reconnaît la porte-parole du groupe Daniela Diethelm. «C'est un coup à notre réputation, c'est incontestable.» D'autres se montrent encore plus durs: «C'est une véritable catastrophe pour l'image d'Orell Füssli, oui!»

Voir disparaître 1800 billets de 1000 francs, même inutilisables car dépourvus de numéros de série et de micro-perforations, ne représente pas la meilleure publicité pour un groupe qui se flattait d'un niveau élevé de sécurité.

La BNS a exigé des mesures supplémentaires

Qu'une «telle négligence» soit possible laisse pantois dans le milieu alors qu'Orell Fussli invoque le secret de l'instruction et de la procédure en cours pour ne pas donner de détails. Interrogée sur des défauts de sécurité, la porte-parole Daniela Diethelm explique au Tages Anzeiger que les mesures ont été passées en revue et des améliorations apportées. La Banque Nationale Suisse (BNS), principal client du groupe, a exigé des mesures supplémentaires.

Au-delà des caméras de sécurité à chaque coin, les professionnels de la branche aimeraient savoir comment une telle disparition a pu passer quasi-inaperçue puisqu'il a fallu que l'alerte provienne de Londres. «Si ces billets n'ont ni numéro de série, ni micro-perforation, se peut-il que ça soit les impressions qui aient été volées?» s'interroge un expert.

Chaque impression représente 30 billets de 1000 francs, ce qui veut dire 60 impressions dans le cas du vol. Le poids représente deux kilos, précise un expert, ce qui reste difficilement inaperçu puisque les liasses sont pesées et comptées à maintes reprises tout au long du processus de fabrication et, ensuite, de livraison.

L'impression de sécurité en cause

Cette affaire intervient alors qu'Anton Gasteiger, responsable de la division Impression de sécurité et membre de la direction générale, a démissionné en juillet. Le directeur général Michel Kunz assure l'interim. «Le lien entre les deux affaires est évident», selon un analyste. La porte-parole n'a pas souhaité commenter.

C'est également la division Impression de sécurité qui a fait plonger le groupe dans les chiffres rouges pour son exercice 2012. Et au début septembre, la direction a dû lancer un avertissement sur bénéfice, toujours en raison de cette division qui devrait accuser pour l'année en cours une perte de 8 millions, entraînant tout le groupe. Pour les six premiers mois de l'exercice en cours, le groupe a essuyé un manque à gagner de 2,1 millions de francs.

Le groupe a précisé que les indemnisations pour les détenteurs des coupures de 1000 francs non valables étaient déjà inscrites dans la perte annuelle.

Problèmes avec les nouveaux billets

Orell Fussli se retrouve également empêtré dans la commande de la BNS, qui l'a chargé d'imprimer sa nouvelle série de billets. Ces travaux ne sont pas remis en question, a déjà ajouté le groupe mais sa réalisation a déjà été repoussée à plusieurs reprises depuis 2010.

Le groupe peut toutefois compter sur la BNS qui lui a réitéré son soutien. La banque centrale n'est pas que le principal client d'Orell Fussli mais également son plus gros actionnaire puisqu'il détient une participation de 33%.

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