Bilan

Paiements en ligne: les projets affluent

L’arrivée prochaine d’Apple dans le domaine des transactions électroniques annonce une révolution pour ce secteur. D’ici là, une série d’opportunités existent pour les entreprises.
  • Les dix étudiants vaudois qui ont exploré la Silicon Valley.

    Crédits: Swissnex
  • Le Genevois Alexandre Gonthier, installé à San Francisco, a lancé en 2012 PayWithMyBank.

    Crédits: CJD/BCV

Californie, mardi 9 septembre 2014. Immergés une semaine dans la baie de San Francisco, dix étudiants de grandes écoles vaudoises explorent la Silicon Valley. Ce jour-là, ils visitent Square, un service de paiement par mobile, né en 2010 et très rapidement étendu aux Etats-Unis, au Canada et au Japon.

Apple vient tout juste de dévoiler son AppleWatch et les deux versions de l’iPhone 6 équipées d’un système de paiement. Son arrivée dans le domaine des transactions annonce une révolution pour tous les acteurs du domaine, qu’ils agissent sur le web ou les smartphones.

«Le paiement NFC existe depuis un moment, notamment en Suisse, mais l’avantage d’Apple concerne la détention des cartes de crédit: ils ont déjà les utilisateurs», explique Amaury Soviche, participant au Silicon Valley Startup Camp. La jeune femme s’installe à San Francisco pour lancer OneSnap, une app qui permet de payer ses achats en ligne instantanément via QRcode.

Mais la marque à la pomme devra attendre 2015 pour équiper 25  millions de terminaux de paiement, rien qu’aux Etats-Unis. Et le paiement mobile, même s’il est en hausse de 66% par rapport à l’année précédente, ne représente pour l’instant que 20% des transactions en ligne, selon Adyen, start-up spécialisée dans les solutions de paiement.

D’ici à la domination d’ApplePay sur les mobiles, une série d’opportunités existent pour les entreprises dans le domaine du paiement en ligne et/ou mobile. «Avant qu’Apple ait la masse critique d’utilisateurs pour que tous les marchands mettent à jour leurs terminaux de paiement, de l’eau va couler sous les ponts», estime Alexandre Gonthier, Genevois installé à San Francisco depuis 1994, qui a rencontré les start-uppers pour évoquer son parcours. Actif depuis plus de quinze ans dans les paiements en ligne et mobile, il a lancé en 2012 PayWithMyBank, système de paiement en ligne par débit de compte bancaire.

Le paiement en ligne doit répondre à plusieurs défis: interopérabilité entre les supports, facilitation du processus d’achat, réduction des commissions, adaptation à toutes les situations.

Aux Etats-Unis, les sociétés de cartes de crédit Visa, MasterCard et American Express «règnent en maîtres, avec un coût moyen de transaction pour le marchand de l’ordre de 2% du montant». Ce qui explique en partie le dynamisme des acteurs pour trouver des solutions alternatives. En Europe, avec des commissions s’élevant à moins de 1%, la problématique n’est pas la même.

Le premier acteur à s’imposer a été PayPal, en 2002, qui implique de créer un compte et un nom d’utilisateur. «Mais PayPal est contesté, notamment pour ses frais élevés», remarque François Briod. Ce participant au voyage a cofondé tawipay.com, un comparateur de services de transferts d’argent. 

De son côté, PayWithMyBank simplifie le processus, en n’exigeant de l’acheteur que l’introduction de ses coordonnées d’e-banking. Une solution taillée sur mesure pour le marché américain, où la consultation des comptes bancaires en ligne est très fréquente. Près de 80% des utilisateurs connaissent par cœur leurs identifiants.

Si le web a tendance à créer des acteurs dominants, cela semble impossible pour le secteur des paiements. «Il y a tellement de cas d’utilisation différents qu’un acteur ne peut pas entièrement dominer le marché, estime François Briod. Alors que les crypto-monnaies peuvent être super-intéressantes pour des micropaiements par exemple, l’achat d’une voiture en ligne sera plus complexe. D’où l’utilité par exemple de cashsentinel.ch, une plateforme permettant des transferts sécurisés lors de ventes de véhicules entre particuliers.»

Pour Alexandre Gonthier, la solution idéale de paiement n’existe pas. Aucun service ne réussit pour l’instant à combiner sécurité et coût réduit avec une excellente expérience utilisateur. «Ce sont les trois grandes variables à traiter ensemble.»

La sécurité, clé du succès

La sécurité reste un enjeu majeur. Même s’il n’est pas le seul. «Un système ultrasécurisé mais peu pratique pour l’utilisateur lambda ne sert à personne», estime Alexandre Gonthier.

«Je pense que la sécurité dans les paiements quotidiens, sans gros montants, a une importance limitée aux yeux du consommateur car il ne voit pas les conséquences. La plupart du temps, ce sont les assurances ou les sociétés émettrices de cartes qui vont prendre en charge les fraudes ou autres piratage de cartes. C’est pour ça que le Touch ID offre une certaine valeur ajoutée pour les banques», remarque François Briod.

Les marchés à conquérir, eux, sont extrêmement nombreux, notamment l’Afrique, où la consommation d’internet mobile débute à peine, mais croît de façon exponentielle. 

Camille Andres

JOURNALISTE

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