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Pétrole: les petits font la nique aux grands

Victimes de leur taille, les grandes sociétés pétrolières ont livré des résultats médiocres. Les acteurs de niche, tels Range Resources, BG Group et Galp, offrent de meilleures opportunités.
Le bénéfice d'Exxon s'est effondré de 56% au deuxième trimestre par rapport à la même période l'an dernier. Crédits: AFP

Les analystes de la banque d’investissement américaine Jefferies ont qualifié les résultats d’Exxon et Chevron de «spectacle d’horreur». Tout comme leurs concurrents européens Shell et BP, les deux géants américains de l’or noir ont annoncé des résultats décevants au deuxième trimestre.

Le bénéfice d’Exxon s’effondre de 56% par rapport au même trimestre de l’an dernier et, chez Chevron, le profit se réduit d’un quart. BP et Shell avaient également réduit leurs bénéfices de 20 à 25%. Et le cours des actions a réagi en conséquence.

Pourtant, ces derniers mois, tout laissait prévoir des affaires brillantes pour ces grands groupes du pétrole. Le prix à la hausse pour la variété de pétrole américaine WTI, le boom constant du gaz et du pétrole de schiste aux Etats-Unis, la reprise de l’économie faisaient grimper les cours d’Exxon et de Chevron aux plus hauts niveaux jamais atteints. 

A fin juillet, le réveil a été rude. Tous ensemble, les quatre géants du pétrole ont atteint au deuxième trimestre un profit de 28 milliards de dollars. Cela peut paraître un montant gigantesque, mais il y a cinq ans c’étaient 10 milliards de plus. Et cette année-là, la production des quatre groupes était supérieure de 300 000 barils à celle actuelle, qui s’établit à 13,6 millions de barils de brut par jour.

Le fait est que ces résultats médiocres reflètent des problèmes plus profondément ancrés, que beaucoup d’investisseurs ont refoulés en raison de valorisations apparemment avantageuses, des vastes programmes de rachat d’actions et du rendement des dividendes.

En réalité, les grands groupes pétroliers intégrés deviennent toujours plus les victimes de leur propre taille. Il leur est sans cesse plus difficile d’accroître leurs volumes de production. Et en même temps leurs marges pâtissent des coûts de production à la hausse.

Les entreprises hautement spécialisées sont plus séduisantes

Pour les investisseurs, il existe de meilleures alternatives. «Des sociétés pétrolières américaines de taille moyenne peuvent occasionner de bonnes surprises», dit par exemple Daniel Würmli, manager de l’Equity Fund Selection Energy auprès de la filiale fonds des banques cantonales.

Les affaires marchent nettement plus fort également pour quelques entreprises gazières et de services pétroliers que pour les leaders de la branche; pour elles, il est en tout cas nettement plus aisé de prévoir à quoi ressembleront les développements dans les années à venir. C’est précisément lors du boom du gaz et du pétrole de schiste qu’Exxon et les autres s’en sont mal tirées. Comme elles en ont discerné le potentiel trop tard, elles ont payé plus cher leur ticket d’entrée.

Avec les prix bas du gaz en ce moment, les gisements sont loin de tous assurer des profits vraiment attrayants. Celles qui réussissent le mieux sont hautement spécialisées et concentrées sur leur segment de marché. Au deuxième trimestre, Shell a amorti 2 milliards de dollars sur son investissement de 24 milliards dans le gaz de schiste américain.

«Les petites entreprises sont plus intéressantes», résume Daniel Würmli, de Swisscanto. Aux Etats-Unis, Cabot Gas et Range Resources passent pour celles qui se sont assuré les gisements les plus prometteurs. En juillet, Range Resources a surpris en annonçant pour le deuxième trimestre une hausse de 50% de son chiffre d’affaires, à 673 millions de dollars. Les observateurs n’avaient pronostiqué que 420 millions. Après une telle information, le titre a bondi de 12%. Ces prochaines années, Range Resources devrait croître de 20 à 25% par an.

Le britannique BG Group et le portugais Galp devraient aussi avoir devant eux de riantes perspectives. Avec leurs droits sur des gisements au Brésil, tous deux sont parés pour l’avenir. Mais BG Group est fortement engagé en Egypte et, si les troubles politiques y perdurent, la société pourrait se retrouver sous pression.

Galp est en train d’intensifier très fortement sa production. Sa nouvelle installation offshore au Brésil est entrée en exploitation à la date prévue et devrait extraire 75 000 barils de brut par jour d’ici à la fin de l’année: c’est trois fois l’ensemble de la production moyenne de 2012.

Julia Gross

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