Bilan

Qu’est-ce qui arrêtera l’essor des hedge funds?

Jamais l’industrie de la gestion alternative ne s’est aussi bien portée. Mois après mois, que les performances des fonds soient bonnes ou mauvaises, la fortune globale gérée progresse. Elle est en train de dépasser son record de 2007, qui s’élevait à 1930 milliards de dollars gérés, selon HFR, l’un des instituts de référence observant ce marché. Le pic de 2200 milliards de dollars pourrait être atteint à la fin de cette année, prédit Deutsche Bank dans sa dernière revue annuelle des hedge funds.

Pourtant, jamais les gérants ne s’étaient heurtés à autant d’obstacles fiscaux et réglementaires. En Europe, la directive AIFM (Alternative Investment Funds Managers) soumet la plupart d’entre eux à une surveillance qu’ils ne connaissaient pas auparavant. Contraintes qui vont s’étendre à la Suisse depuis que la FINMA a décidé à la mi-mars d’aligner sa réglementation sur le texte communautaire. Aux Etats-Unis, la loi de réforme de Wall Street (Frank-Dodd Act) contraint les plus gros gérants à se soumettre au regard de la SEC tandis que le négoce des dérivés – au cœur de la plupart des stratégies – fait désormais l’objet de contrôles suivis.

Depuis le point bas atteint par l’industrie en 2009, les performances se sont fortement redressées. Après une chute historique de 23,2% en 2008, l’indice HFR a bondi de 13,4% en 2009, puis a encore gagné 5,2% en 2010. Les investisseurs institutionnels, pressés de réinvestir d’abondantes liquidités et rassurés par un cadre plus sécurisant, sont revenus. «Les hedge funds proposent de la performance alors que les perspectives de croissance des économies occidentales demeurent limitées», argumente Frédéric Rosset, directeur de Peak Partners, un gérant de fonds de hedge funds à Genève.

Des performances qui se tassent

Mais cela va-t-il continuer? Les privés s’abstiennent de s’engager malgré la multiplication d’offres qui leur sont adressées, comme les fonds UCITS (répondant à la législation de l’UE sur les fonds de placement). De plus, les performances se tassent. Depuis le début de l’année, les hedge funds n’ont gagné, dans leur ensemble, que 1,3%, moins que les actions. Les gérants n’ont pas échappé aux accidents de ce début d’année, principalement la guerre civile libyenne et l’explosion de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima. Des stars, comme John Paulson ou Philippe Jabre, s’y sont brûlé les doigts. Il est moins sûr aujourd’hui que la fortune des hedge funds dépassera 2200 milliards à fin 2011.

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