Bilan

Que sont devenus les milliardaires de 2000?

En treize ans, le classement de Bilan s’est étoffé de 48 milliardaires. L’évolution la plus notable concerne l’apparition de nombreux étrangers. Décryptage.
  • Gisela «Gigi» Oeri appartient à la famille Hoffmann-Oeri (Roche), depuis toujours dans notre classement.

    Crédits: Kefalas/Keystone

Si le premier classement des «300 plus riches de Suisse» a été réalisé en 1989, notre palmarès est publié annuellement de façon ininterrompue depuis 2000. Il y a treize ans, les critiques étaient acerbes: «voyeurisme», «sensationnalisme», «atteinte à la sphère privée».

«Analyser les grandes fortunes, c’est comprendre où et comment se crée la richesse, notre classement est aussi un précieux baromètre de notre économie», justifiait dans son éditorial Alain Jeannet, alors rédacteur en chef de Bilan.

Aujourd’hui, les commentaires virulents se sont nettement édulcorés, et notre publication, un best-seller, est désormais largement acceptée même si certains nouveaux entrants menacent toujours de nous traîner au tribunal pour éviter que leur nom soit ajouté à la liste. Mais une fois le pas franchi, c’est plutôt la crainte de ne plus y figurer l’année suivante qui domine. Cela signifierait que la personne a vu sa fortune passer sous la barre des 100 millions, notre seuil d’entrée. 

Des personnages quasi inconnus

Notre classement permet d’observer l’évolution du patrimoine des riches et de dresser une typologie des grandes fortunes du pays grâce aux portraits relatant le parcours, parfois incroyable, de ces multimillionnaires. Au fil des ans, cette liste a également permis de sortir de l’ombre des personnages quasi inconnus du public.

Bilan a été parmi les premiers à mentionner, par exemple, Jean Claude Gandur, Hugues de Montfalcon, Guennadi Timtchenko, Viatcheslav Kantor, Zdenek Bakala ou encore Dmitri Rybolovlev avant qu’il ne parte pour Monaco. Des hommes d’affaires qui ont fait ensuite régulièrement la une des médias.

En 1989, le podium des «300 plus riches» était formé de Paul Sacher (famille Oeri-Hoffmann avec une fortune de 8 milliards de francs grâce au groupe Roche), de la famille Maus-Nordmann (5 milliards avec les magasins Manor) et du patron de Landis & Gyr, Stephan Schmidheiny (4 milliards).

En 2000, la famille Oeri-Hoffmann avait quasi doublé sa fortune (14 milliards) mais elle était talonnée par un jeune homme de 35 ans, alors peu connu, Ernesto Bertarelli (13 milliards). Sa société biotech Serono avait triplé de valeur en un an. C’est la famille Landolt qui occupait la troisième place, avec 12 milliards de francs. 

Le classement enregistrait l’arrivée en force de la nouvelle économie avec des fortunes créées dans le domaine des télécommunications comme Daniel Aegerter (société internet Tradex) ou Dino Trovato (Datacom). 

Globalement, trois secteurs tiraient leur épingle du jeu: le high-tech, l’horlogerie et les banques privées. En 1989, le classement comptait 16 milliardaires, contre 101 en 2000 et 149 aujourd’hui.

Depuis treize ans, l’évolution la plus notable de notre classement concerne l’apparition de nombreux riches étrangers. D’abord des Occidentaux, surtout des Français, puis des ressortissants des pays de l’Est, notamment des Russes.

Des étrangers attirés par le forfait fiscal, des prix de l’immobilier abordables en comparaison internationale et la discrétion que leur offrait la Suisse. Des avantages qui sont en train de s’effriter actuellement.

Si on analyse l’évolution du patrimoine des 22 milliardaires qui en 2000 possédaient plus de 5 milliards de francs, on constate que seulement cinq d’entre eux ont vu leur fortune croître, alors que neuf ont enregistré une diminution. La crise économique et financière de ces dernières années a laissé des traces, même sur les riches.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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