Bilan

Quel sera l'impact de la directive AIFM?

Si ce projet de directive passe en plénière en juillet, ce pourrait être une révolution dans l’industrie alternative. Cette réglementation est en effet particulièrement pénalisante pour les investisseurs institutionnels européens. Selon la nouvelle directive, ils seraient obligés d’investir quasi exclusivement dans des véhicules autorisés à la vente en Europe: 70% de leur portefeuille devraient être consacrés à des fonds domiciliés en Europe et 30% au maximum à des fonds non UE. Cette règle sera très contraignante pour les fonds de fonds européens enregistrés en Irlande, à Malte ou au Luxembourg. Les investisseurs d’Europe pourraient aussi se retrouver captifs des fonds UCITS III, qui, en termes de stratégies alternatives, se limitent au Long/Short Equity, aux CTA et aux Global Macro, à savoir les stratégies liquides mais pas forcément les plus performantes. En outre, la mesure est clairement protectionniste et son risque corollaire est de voir les Etats-Unis répliquer en limitant eux aussi l’accès au marché américain pour les gérants européens, et que les gérants suisses se retrouvent par conséquent exclus des deux marchés. Pour l’heure, il est clair que les gérants non européens vont devoir se plier pragmatiquement à la directive. Ce qui signifie concrètement: accepter les limites sur les niveaux de levier, les restrictions sur les ventes à découvert, les obligations antiblanchiment, et travailler avec des administrateurs et des dépositaires européens. Un point positif: la directive obligera les gérants alternatifs à investir dans leurs propres fonds. Cet alignement d’intérêts obligatoire avec les clients est une excellente évolution qui formalise une pratique usuelle des meilleurs gérants.

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