Bilan

Qui sont les Allemands les plus riches?

L’Allemagne compte 135 milliardaires (en euros), un total jamais encore atteint. Et au sommet de ce classement des plus riches parmi nos voisins du Nord trône la famille Albrecht, qui a fondé les magasins Aldi.
  • Le palmarès 2013 des Allemands les plus riches couronne une fois de plus les grandes familles notamment dans le domaine de la distribution. Crédits: Reuters
  • 10. Johanna Quandt, actionnaire majoritaire de BMW et mécène (ici avec Eberhard von Kuhnheim, ancien dirigeant de BMW), se retrouve à la 10e place du classement avec ses 6,75 milliards d'euros. Crédits: Reuters
  • 9. On reste dans la famille avec Stefan Quandt, fils de Johanna, à la 9e place. Actionnaire de BMW (48% du capital) et de Delton, il est à la tête d'une fortune de 7,2 milliards d'euros. Crédits: Reuters
  • 8. August Oetker (ici avec sa femme Alexandra) et sa famille ont fait fortune dans l'industrie agroalimentaire avec le groupe éponyme: leur fortune s'élève à 7,5 milliards d'euros. Crédits: Reuters
  • 7. Reinhold Würth a bâti sa fortune sur l'entreprise de machines-outils qui porte son nom: il est à la tête d'un capital de près de 8 milliards d'euros et s'est lancé dans le mécénat artistique. Crédits: Reuters
  • 6. Le commerce de détail et l'immobilier ont permis à la famille Otto (ici Michael à gauche et Maren au centre, en compagnie de l'ex-chancelier allemand Helmut Schmidt) de faire fortune: le capital de la famille avoisine les 8,6 milliards d'euros. Crédits: Reuters
  • 5. Susanne Klatten (à droite), héritière de la famille Quandt (BMW et Altana notamment) est la femme la plus riche d'Allemagne, avec une fortune de 10 milliards d'euros. Crédits: Keystone
  • 4. La famille Reimann détient la majorité des parts du groupe Reckitt Benckiser (dont voici quelques produits emblématiques), ainsi que d'autres sociétés majeures comme Slough et Coty: leur capital est estimé à 12 milliards d'euros. Crédits: Reuters
  • 3. Sur la 3e marche du podium se trouve Dieter Schwarz, fondateur de Lidl: entre 2012 et 2013, sa fortune a augmenté d'un milliard d'euros pour atteindre désormais 13 milliards d'euros. Crédits: Keystone
  • 2. La famille de Theo Albrecht junior, fils du co-fondateur de la chaîne de hard-discounters Aldi (branche Nord) détiendrait 16 milliards d'euros. Crédits: Reuters
  • 1. Au sommet du classement trône l'autre branche de la famille Albrecht, celle de Karl: à 93 ans, le fondateur d'Aldi Süd détiendrait une fortune de 17,8 milliards d'euros, ce qui en fait le plus riche Allemand. Crédits: Keystone

Pour faire fortune en Allemagne, mieux vaut bâtir un business dans la grande distribution: le podium des plus riches outre-Rhin couronne une fois de plus les propriétaires des chaînes de hard-discounters Aldi (Nord et Sud) et Lidl.

Dans son classement paru lundi 7 octobre, Manager Magazin note que les milliardaires n'ont jamais été aussi nombreux (135) ni leur fortune aussi élevée. Contrairement à d'autres pays, les fortunes allemandes sont très souvent familiales.

Les deux branches Albrecht au sommet du classement

Pas de changement au sommet du classement: Karl Albrecht, 93 ans, co-fondateur d'Aldi et toujours actionnaire majoritaire de la branche Sud, a vu sa fortune augmenter entre les classements 2012 et 2013, de 17,2 à 17,8 milliards d'euros. Selon le magazine Forbes, Karl Albrecht serait la 18e fortune mondiale.

Sur la deuxième marche du podium, les enfants de son frère Theo (décédé en 2010) se partagent une fortune de 16 milliards d'euros. A la tête de la branche Nord de la chaîne de magasins, ils sont menés par le fils aîné du co-fondateur, Theo Junior.

Les deux branches sont issues de la même origine: le «Albrecht Discount» né en 1946 dans l'épicerie de leur mère à Essen. Le développement phénoménal de l'enseigne (300 points de vente en 1971, 8000 aujourd'hui à travers le monde) avait été divisé en deux empires distincts appartenant chacun à l'un des frères.

En 1971, Theo Albrecht avait été enlevé et ses ravisseurs l'avaient retenu pendant 17 jours avant d'obtenir une rançon de sept millions de deutsche marks. Depuis, toute la famille s'astreint à une discrétion médiatique maximale, évitant d'apparaître en public et refusant de voir ses photos récentes diffusées. D'autres dirigeants allemands, marqués par cet épisode, ont d'ailleurs adopté la même politique.

Le fondateur de Lidl 3e, la première femme 5e

C'est d'ailleurs le cas du propriétaire de Lidl, Dieter Schwarz, qui se retrouve sur la 3e marche du podium. Entre 2012 et 2013, sa fortune est passée de 12 à 13 milliards d'euros.

Au pied du podium se retrouve la famille Reimann, qui détient le groupe de produits d'entretien et d'hygiène Reckitt Benckiser, mais aussi d'autres sociétés comme Slough et Coty (cette dernière est entrée en bourse à New York en juin 2013): la fortune familiale est estimée à 12 milliards d'euros.

C'est à la 5e place que se retrouve la femme la plus riche d'Allemagne: Susanne Klatten, fille de l'industriel Herbert Quandt et petite-fille du controversé Günther Quandt (l'emploi de travailleurs forcés entre 1940 et 1945 dans ses usines ressort régulièrement), elle détient des parts importantes de BMW ainsi que du groupe pharmaceutique Altana. Sa richesse est estimée à 10 milliards d'euros.

La richesse d'avant la crise dépassée

La famille Otto, qui a fait fortune dans le commerce de détail, la vente par correspondance et l'immobilier dans le sillage de Werner Otto, fondateur du groupe éponyme en 1949, se retrouve à la 6e place du classement avec 8,6 milliards d'euros.

Les familles Würth, Oetker et Quandt (Stefan à la 9e place et sa mère Johanna à la 10e), complètent le top 10, avec des fortunes évaluées respectivement à 8 milliards, 7,5 milliards, 7,2 milliards et 6,75 milliards d'euros.

Au total, les 100 plus grandes fortunes allemandes détiennent 336,6 milliards d'euros d'avoirs, soit 5,2% de plus qu'en 2012. Avec cette hausse, les effets de la crise de 2008, qui avait affecté la richesse des grandes familles allemandes, sont effacés: les niveaux d'avant les difficultés sont retrouvés et dépassés.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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