Bilan

Réparer le système

Il apparaît clair désormais qu?aucune alternative sérieuse au système d'économie de marché ne semble s?imposer. Après un mois d'octobre qui aurait pu mettre à terre le capitalisme, il apparaît qu?il n'y tout simplement pas d'autre voie. En Suisse comme ailleurs, les formations politiques d'opposition ou de contestation n'ont rien à proposer.

Parmi les leaders politiques, seuls s?en sortent les plus actifs et les plus à même de redessiner un nouveau système. Barack Obama certes mais aussi Gordon Brown et Nicolas Sarkozy sont les gagnants des dernières semaines car ils se portent à l'avant-scène et décident d'affronter les problèmes avec pragmatisme. Cela ne veut pas dire qu?ils ont à chaque fois raison mais dans des moments troublés, ces derniers démontrent une aptitude à prendre les choses en main.

Dans ce contexte, le sauvetage d'UBS en Suisse a démontré la capacité de la tête de la BNS et des cadres de l'administration fédérale des finances de proposer un plan de sauvetage audacieux qui, même s?il a des défauts, permettra d'éviter le pire. La politique, elle, est restée totalement en retrait.

Dans la frénésie d'initiatives déployées cet automne pour réparer le système dans le monde entier, il faudra des mois pour savoir ce qui a été bien vu et ce qui n'aura servi à rien ou pire encore ce qui n'aura fait qu?aggraver la situation. Les banques centrales ont pris des engagements qui font craindre la catastrophe en cas de nouveaux périls sur les marchés. La question se pose de savoir si la Suisse peut se payer un système bancaire qui dépasse de loin les capacités de soutien de la Banque nationale.

Personne ne se pose pourtant la même question au niveau global, alors que le problème est le même, l'invention du levier à tous les étages de la finance fait qu?il n'y a plus de contre-valeur suffisante à opposer à un défaut majeur. Faut-il pour autant abandonner la voie de la financiarisation de l'économie? Ce n'est pas un mal mais simplement une étape de développement qui connaît une crise majeure aujourd'hui sans toutefois remettre en cause ce qu?elle peut apporter en termes de création de richesse.

La réponse est donc la suivante: gardons nos banques, faisons leur suivre le régime minceur nécessaire dans les activités à risque mais gardons des ambitions internationales dans un monde financier groggy mais où la concurrence ne va pas le rester longtemps. Tout en n'oubliant pas un des autres joyaux de la couronne suisse, les PME qui emploient la majorité des forces de travail. Notre dossier principal leur est consacré dans ce numéro.

A noter Notre prochaine édition dévoilera notre classement annuel des 300 plus riches de Suisse. Un numéro qui promet d'être passionnant puisque les grandes fortunes ont connu des semaines mouvementées cet automne, susceptibles de bouleverser en profondeur le classement établi les années précédentes. Exceptionnellement, cette édition sera en kiosque vendredi et non mercredi comme habituellement pour les éditions courantes de Bilan. Rendez-vous donc le vendredi 5 décembre.

Photo: Stéphane Benoît-Godet / © D.R.

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