Bilan

Sportifs: des actions sur le terrain aux actions en bourse

Après les clubs de sport voici quelques années, voici venu le tour de sportifs d'être cotés en bourse. Le premier d'entre eux, Arian Foster, pourrait être mis sur le marché à Wall Street dans les mois à venir.
  • Arian Foster, le joueur des Houston Texans, pourrait devenir le premier sportif coté en bourse si la société Fantex réussit son pari. Crédits: Reuters
  • Le running back est devenu en deux ans l'un des joueurs préférés du public texan. Crédits: Reuters
  • Sa notoriété est telle que le joueur a interprété son propre rôle dans un épisode d'une série télévisée. Crédits: Reuters
  • Régulièrement invité sur les plateaux de télévision, Arian Foster pourrait monnayer cette notoriété avec Fantex mettant sur le marché 1,06 million d'actions à dix dollars l'unité. Crédits: Reuters
  • Les risques pour les investisseurs ne sont toutefois pas négligeables: baisse de forme, blessure, affaires extra-sportives, contrôle anti-dopage positif,... Crédits: Reuters

Arian Foster a un parcours à part: cet Américain natif d'Albuquerque, au Nouveau-Mexique a joué pour l'équipe de football américain de l'Université du Tennessee, les Tennessee Volunteers. Recalé lors des sélections (draft) 2009, il a alors intégré l'équipe réserve du club professionnel des Houston Texans, avant de rejoindre l'équipe fanion en 2009.

Depuis sa notoriété n'a cessé de croître. A tel point qu'il a joué son propre rôle dans la série policière Hawaii 5-0. Mais ce n'est pourtant ni sur les terrains, ni devant les caméras que ce «running back» (son poste au sein des Houston Texans) pourrait marquer l'histoire, mais dans les salles de cotations.

L'action Arian Foster à 10 dollars

La société américaine Fantex, spécialisée dans les contrats avec les joueurs, a en effet déposé un dossier auprès des autorités boursières de New York en vue de coter en bourse Arian Foster.

Créée en 2012, Fantex veut innover en mettant sur le marché 1,06 million d’actions Foster. Chaque investisseur pourra donc acheter une part d'Arian Foster pour 10 dollars l'action.

Le produit de la vente sera divisé entre le joueur (10 millions de dollars), et Fantex (600'000 dollars). Les actionnaires quant à eux se verront offrir 20% du montant des contrats du joueur. Actuellement, Arian Foster et le club des Houston Texans lie les deux parties jusqu'en 2016 pour un montant de 23,5 millions de dollars. Ce faisant, les détenteurs de titres boursiers du joueur pourraient se partager 4,5 millions.

Le capital pour Foster, les risques pour les actionnaires

Au-delà, d'autres contrats seraient concernés: le sponsoring ou les interventions facturées du joueur comme consultant pour des chaînes de télévision seraient incluses dans le contrat.

Pour le joueur, il s'agirait là de préparer l'avenir: la somme de 10 millions de dollars lui serait définitivement acquise, quel que soit l'avenir de sa carrière. Ainsi, s'il devait se blesser ou mettre fin prématurément à sa carrière, il resterait à l'abri du besoin.

Le risque passerait du côté des investisseurs (les supporters du joueur constituent le cœur de cible): à eux de trembler si la star se blesse ou voit ses performances chuter.

Dans le document d’introduction en Bourse, Fantex détaille sur 40 pages la centaine de risques qu'un tel placement fait courir aux investisseurs: baisse de forme, affaires extra-sportives, soupçons (avérés ou non) de dopage... viennent s'ajouter aux blessures.

Aujourd'hui les sportifs, demain d'autres célébrités

Et face à ces risques, le retour sur investissement n'est pas garanti: Fantex a estimé que le sportif devra générer plus de 50 millions de dollars de revenus pour générer des bénéfices pour les actionnaires.

Pour Buck French, co-fondateur de Fantex, d'autres sportifs seraient intéressés par une cotation en bourse si l'expérience Arian Foster venait à se révéler concluante. Et si le modèle fonctionne, pourquoi ne pas envisager de coter des chanteurs, comédiens, animateurs de télévision,...?

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."