Bilan

Stars et e-business, une union lucrative

Justin Timberlake, Cristiano Ronaldo, Ashton Kutcher ou Paris Hilton investissent leurs millions dans des sociétés technologiques. Des placements qui peinent à séduire les stars suisses.
  • Le footballeur Cristiano Ronaldo a pris une participation dans la firme portugaise Mobitto.com. Crédits: Coffrini/Beck/Afp, Keystone
  • L’acteur américain Ashton Kutcher (ici avec Mila Kunis) est devenu un business angel averti et prolifique. Crédits: Coffrini/Beck/Afp, Keystone

Ils sont beaux, extrêmement riches et célèbres, mais cela ne leur suffit pas. Les stars de la nouvelle génération veulent dorénavant être aussi des web entrepreneurs reconnus. Surfant sur la vague des start-up comme ils surfent sur Twitter ou Facebook, elles ont trouvé une nouvelle manne financière très prometteuse.

Nettement plus rentable que la gestion d’un restaurant ou d’un vignoble, la technologie devient ainsi un investissement très tendance. Dernier exemple en date, l’attaquant vedette du Real Madrid, Cristiano Ronaldo, qui a misé sur Mobitto.com en prenant une participation dans la firme portugaise en décembre dernier. Cette application mobile permet de développer une interaction entre les marques et les individus.

En plus de la coquette somme d’argent que Mobitto a touché – le montant est resté confidentiel –, la firme bénéficiera aussi de l’image très vendeuse du footballeur. Coup double! 

Il n’y a rien de nouveau à ce qu’une personnalité incarne un produit. Ce qui surprend, c’est lorsque cette dernière s’implique dans la gestion des affaires et prend des décisions stratégiques au sein du conseil d’administration. Ainsi Justin Timberlake a volé au secours du média social Myspace en 2011, tout en s’assurant la direction artistique du site.

Rappelons que l’acteur américain a interprété le rôle de Sean Parker, cofondateur de Napster et ancien président de Facebook dans le film The Social Network. De la fiction à la réalité, il n’y a qu’un pas… et quelques millions. Près de quatre millions de francs suisses plus exactement pour Leonardo DiCaprio. Lui aussi a rejoint les rangs des célébrités qui investissent leur fortune dans les nouvelles technologies et plus spécifiquement dans Mobli.

Cette start-up israélienne veut révolutionner le partage de vidéos en les rendant accessibles en temps réel. Pari financier qu’avaient pris avant lui Lance Armstrong, devenu administrateur de la société, Paris Hilton, Tobey Maguire ou encore Serena Williams qui a partagé ses Jeux olympiques 2012 avec ses fans via un canal spécial de Mobli.

En Israël toujours, le rappeur américain Jay-Z, connu aussi pour sa sculpturale épouse Beyoncé, a investi plusieurs millions au début 2012 dans Powermat Technologies, spécialiste des unités de recharges sans fil pour les mobiles et autres appareils. 

L’oscar du serial investisseur est cependant décerné à Ashton Kutcher. On le savait déjà accro à Twitter – premier à avoir atteint le million de followers –, celui que la presse avait surnommé le toy boy de Demi Moore, est devenu un business angel averti.

Au travers son propre fonds d’investissement dédié aux technologies A-Grade, le voilà partie prenante dans plus d’une dizaine de projets web. Et pas n’importe lesquels: Flipboard, Foursquare, Airbnb, Dwolla et autrefois Skype. L’acteur américain voit grand. C’est cette vision perspicace que ces partenaires financiers et adversaires saluent aujourd’hui chez cet homme d’affaires de 35 ans et 7 millions de followers sur Twitter à ce jour.  

  Professionnel d’e-business, Bono, le chanteur du groupe irlandais U2, l’est aussi. C’est en 2004 déjà que ce précurseur a cofondé son entreprise de capital-risque. Ainsi, à travers Elevation Partners, Bono et ses associés ont pris de nombreuses participations: dans les réseaux sociaux avec Facebook, dans l’immobilier avec Move, dans l’évaluation de petits commerces avec Yelp ou encore avec Dropbox, service de stockage et de partage de fichiers.

Une diversification d’actifs digne des plus talentueux businessmen.   

Les Helvètes hors compétition

Les artistes suisses se désintéresseraient-ils des start-up ou serait-ce un excès de discrétion qui les pousse à taire leurs implications financières dans de telles entreprises? Pas sûr.

«En tant qu’artiste régional, je ne peux pas rivaliser avec les stars étrangères au niveau des revenus. Par ailleurs, je ne me lance pas dans ce que je ne maîtrise pas ou qui ne me procure aucun plaisir», concède le chanteur et producteur Alain Morisod, qui a pourtant vendu 20 millions de disques. 

Effectivement, quand on sait que ces investissements se font à coups de millions, on comprend mieux pourquoi les people helvétiques restent à l’écart de ce lucratif marché. Seuls ceux qui possèdent un compte en banque conséquent peuvent espérer prendre part aux bénéfices engendrés par les nouvelles technologies.

C’est ainsi que le millionnaire suisse Dieter Meier, chanteur emblématique du groupe Yello, s’est offert le luxe de racheter Euphonix en 2002, une firme californienne spécialisée dans les consoles de mixage et les systèmes audio. 

Aujourd’hui, il préfère cependant miser sur l’agriculture en Argentine afin d’exporter, en Suisse notamment, des produits bios de «convenience food». «Après quelques années, j’ai estimé qu’Euphonix ne pouvait plus concurrencer le marché, je l’ai donc cédée à Avid en 2010», explique Dieter Meier. Revendre son entreprise technologique, ne serait-ce pas précisément l’aboutissement d’un investissement réussi? 

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