Bilan

Suisse: pas de salut sans confiance

«La crise? Quelle crise?» se demande Doris Leuthard dans une interview publiée par Blick. Pour la ministre de l'Economie, la débâcle financière ne devrait pas avoir de conséquence majeure pour l'économie helvétique. «La croissance est restée relativement robuste en dépit de la dégradation de la conjoncture mondiale, mais le ralentissement devrait se poursuivre au cours des prochains mois», estime, pour sa part, la Banque nationale suisse (BNS). On pouvait s'y attendre: les dirigeants politiques et économiques tentent de calmer le jeu. Le rythme de la croissance reculera assez fortement. D'ailleurs, tous les instituts de prévision conjoncturelle revoient leurs chiffres à la baisse. De 3,1% en 2007, le produit intérieur brut devrait reculer autour de 1,9% en 2008 et à 1,3% en 2009. La récession n'est donc pas pour demain, même si la finance boit la tasse et que l'industrie et la construction enregistrent une dégradation des affaires. La BNS reconnaît néanmoins que les prévisions sont particulièrement ardues en raison des incertitudes qui planent sur les marchés financiers. Il s'agit surtout de déterminer comment se comporteront les exportations et la consommation intérieure, les deux mamelles de la croissance. Sur les marchés étrangers, les entreprises suisses restent très dynamiques comme le montrent les excellents chiffres du commerce extérieur pour le mois d'août. Reste à savoir comment l'économie helvétique affrontera dans les prochains mois le ralentissement marqué de la conjoncture dans l'Union européenne, son principal client. De même, les dépenses des ménages sont encore très élevées. Le commerce de détail n'enregistre pas de recul des affaires. Seule ombre au tableau: l'indice du climat de consommation se dégrade rapidement. De +15 en juillet 2007, ce dernier chute à -17 en juillet 2008. Cette détérioration annonce-t-elle un recul des dépenses dans les prochains mois? C'est probable. Les attentes à propos de la croissance se dégradent, tandis que les craintes sur sa propre situation budgétaire s'accroissent. A l'avenir, la confiance sera déterminante. La débâcle financière aura-t-elle finalement une incidence importante sur la consommation' Tel sera l'enjeu principal avec la capacité des entreprises à résister sur les marchés étrangers. Ancien patron du Credit Suisse, Oswald Grübel estime que la Suisse sera moins touchée que d'autres pays voisins et que les Etats-Unis. Car, notamment dans l'immobilier, les banquiers helvétiques ont retenu la leçon de la crise des années 1990. «Le degré de couverture des objets varie suivant les pays. Chez les Anglo-Saxons, on prête jusqu'à 100% du gage car le marché est plus liquide: on y achète et vend plus facilement et plus vite qu'en Suisse ou en Allemagne. Mais, évidemment, le risque y devient plus important sitôt que le marché n'est plus à la hausse.» Bref, il n'y a pas de raison de sombrer soudainement dans le pessimisme le plus noir.

Le Bêtisier: Dick Fuld Directeur général de Lehman Brothers, juin 2008 «J'ai dit à plusieurs reprises que je crois absolument que nous pouvons faire cavalier seul.» Faillite de la banque le 15 septembre 2008 John Thain CEO de Merril Lynch, juin 2008 «Avec 44 milliards de fonds propres, Merril Lynch est amplement pourvue pour faire face à la crise.» Rachat de l'établissement par Bank of America le 15 septembre 2008 Joseph Ackermann CEO de Deutsche Bank, mai 2008 «Nous approchons de la fin de la crise.» L'action Deutsche Banks'effondre de 40% entremai et septembre 2008 Lloyd Blanfein de goldman sachs, avril 2008 «Le pire est derrière nous.» Le titre plong de 14% le 17 septembre 2008

Photo: Achat Confiance/ © Keystone

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