Bilan

Un banquier suisse plaide coupable d'évasion fiscale

Josef Dörig, qui a des liens étroits avec Credit Suisse, "a plaidé coupable aujourd'hui d'avoir conspiré pour frauder l'Internal Revenue Service", indique le département de la Justice.

Selon le département de la Justice américaine, M. Dörig a aidé de riches clients à frauder le fisc.

Un banquier helvète ayant des liens étroits avec Credit Suisse a reconnu avoir aidé de riches américains à cacher des fonds au fisc des Etats-Unis avec la complicité d'autres banquiers, ont annoncé mercredi les autorités américaines.

Devant un tribunal de Virginie (est des Etats-Unis), Josef Dörig, 72 ans, "a plaidé coupable aujourd'hui d'avoir conspiré pour frauder l'Internal Revenue Service (IRS)", indique le département de la Justice (DoJ) dans un communiqué.

Selon le ministère, M. Dörig, fondateur du Trust suisse Dörig AG, a ajouté qu'il avait participé à aider de riches clients américains d'un grand établissement financier zurichois, dont il ne cite pas le nom mais qu'il désigne comme "la Banque Internationale", à dissimuler leurs actifs dans des comptes secrets enregistrés sous de faux noms.

Selon des sources proches du dossier, cette banque internationale serait Credit Suisse, dont le siège est à Zürich.

Les faits remontent à 1997-2011, selon un document judiciaire, soit juste après que M. Dörig, qui a la double nationalité suisse et italienne, eut quitté une filiale de Credit Suisse pour laquelle il avait travaillé de 1972 à 1996.

M. Dörig et la "banque internationale" auraient mis en place une "structure" dans laquelle étaient logés les comptes secrets de clients américains. De 2008 à 2009, le gestionnaire de fortune aurait par exemple fait transférer de la banque 55 comptes non déclarés au fisc américain et dont les avoirs étaient estimés à 130 millions de dollars.

La justice américaine avait inculpé en juillet 2011 Josef Dörig et trois autres banquiers suisses pour complicité de fraude fiscale dans le cadre d'une vaste enquête sur l'évasion fiscale.

C'est le deuxième banquier helvète ayant des liens avec Credit Suisse qui accepte de collaborer avec les autorités américaines en moins de deux mois dans cette affaire.

En mars dernier, un autre ex-banquier de l'établissement zurichois, Andreas Bachmann, 56 ans, accusé de faits similaires, avait plaidé coupable et accepté de coopérer avec les autorités américaines.

Comme son compatriote, M. Dörig, qui encourt, selon le DoJ, une peine maximum de cinq ans de prison, a été arrêté et relâché mardi contre une caution de 150.000 dollars. Il sera fixé sur son sort le 8 août prochain. Ses déplacements sont limités à la Virginie et à la Suisse, selon les documents de justice.

Avec cette nouvelle, l'étau semble se resserrer sur Credit Suisse, en passe, selon la presse, de conclure un accord au niveau fédéral avec le DoJ dans cette affaire. L'amende pourrait dépasser les 780 millions de dollars, soit davantage que ce qu'avait accepté de payer sa rivale et compatriote UBS en 2009.

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