Bilan

Un Mondial gagnant pour l’économie?

Le 5e pays le plus peuplé du monde a de nombreux défis à relever, dont un PNB à la traîne et une présidente qui divise. Le Brésil bénéficie pourtant d’atouts importants pour remonter le cap.

Le Brésil a dépensé près de 9 milliards d’euros pour accueillir la Coupe du monde de football.

Crédits: Vanderlei Almeida/AFP

La Coupe du monde de football va-t-elle soutenir l’économie brésilienne? Les principaux facteurs économiques indiquent un fléchissement: le produit national brut (PNB) devrait péniblement atteindre les +2% cette année, contre +2,5% attendus et 3,7% en moyenne sur les dix dernières années, la confiance des chefs d’entreprise est en baisse, et le cycle de hausse des taux directeurs se montre plus long et plus dur qu’escompté. Seules les exportations profiteront de la reprise économique des Etats-Unis et de l’Europe.

«Cet événement sportif risque donc de n’avoir qu’un impact économique marginal», analyse Stéphane Barthélemy, gérant de portefeuille senior chez State Street Global Advisors. L’Etat a dépensé près de 9 milliards d’euros en projets d’infrastructure, de transport et de télécommunication et attend des retombées de l’ordre de +40  points de base de PNB.

En revanche, l’administration s’est vu vivement critiquée au vu des sommes investies, souvent qualifiées de non prioritaires, et des retards constatés dans la réalisation de ces projets. «En matière d’investissement, les industries du tourisme, des transports, des médias et télécommunication ainsi que le secteur de la consommation non discrétionnaire devraient tirer leur épingle du jeu», estime le spécialiste.

«Le secteur bancaire et celui de la consommation semblent promis à un avenir plus radieux que celui des matières premières, assure Stéphane Barthélemy. Cependant, nous restons pour le moment prudents sur le marché brésilien. Les actions brésiliennes sont décotées de 20% par rapport aux autres marchés émergents, ce qui les rend attractives. De même, le niveau de la dette publique (proche des 70% du PNB), de la dette extérieure (20% du PNB) et des réserves de change (85% de la dette extérieure) laisse penser que les craintes de «Fed tapering» qui pèsent sur le Brésil sont exagérées. Les dynamiques économique et fiscale se sont néanmoins nettement dégradées au cours des dernières années au point que l’agence de notation S&P a dégradé la note du Brésil à BBB- en mars de cette année. De même, l’administration Rousseff suscite toujours la défiance des marchés et la Banque centrale pâtit d’une crise de confiance de la part des investisseurs.»

Le pays avait suscité l’enthousiasme des investisseurs au sortir de la crise du réal en 2002. En juin 2008, le marché brésilien a subi de plein fouet la crise financière mondiale, puis la défiance des investisseurs depuis 2010, année d’investiture de la présidente Dilma Rousseff.

Après un début d’année difficile par rapport aux autres marchés émergents, le Brésil s’est ressaisi et affiche une performance de 9% depuis le début de l’année, avec notamment Dilma Rousseff en recul dans les sondages. 

Conseil nº1

TBB Seguridade

Code: BBSE3

Cours: 28,8 brl

Objectif: 29,60 brl (+3%)

Née en 2012, cette compagnie d’assurances est la plus importante cotée au Brésil. Son offre diversifiée et son réseau de distribution efficace devraient lui permettre d’afficher une croissance des bénéfices robuste, en dépit de médiocres perspectives de croissance économique.

Conseil nº2

Banco do Brasil

Code: BBAS3

Cours: 23,89 brl

Objectif: 26,30 brl (+10%)

Cinquième banque brésilienne (capitalisation boursière), cet établissement local offre des services de banque universelle (investissement, assurance, gestion d’actif, etc.). Si les derniers résultats ont déçu, elle est néanmoins la moins chère du marché avec
un ratio prix/actifs net à 0,9.

Conseil nº3

Banco Bradesco

Code: BBDC4

Cours: 34,5 brl

Objectif: 35,20 brl (+2%)

Cette banque internationale (2e établissement bancaire du pays) occupe le marché de l’assurance au Brésil, profitant de la croissance des revenus des classes moyennes. Malgré des valorisations élevées, ses perspectives de croissance et sa profitabilité record sont parmi les meilleures.

Conseil nº4

Gafisa

Code: GFSA3

Cours: 3,5 brl

Objectif: 4,30 brl (+23%)

Cette entreprise est une valeur phare dans la construction, le développement et la vente de résidences haut de gamme au Brésil. Elle offre donc une exposition prononcée à la croissance du revenu des ménages aisés, à des niveaux de valorisation particulièrement attractifs.

Nathalie Praz

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