Bilan

Wolfgang Schäuble fait l'éloge des banques suisses

Changement de ton côté allemand: longtemps très critique vis-à-vis des banques suisses, Wolfgang Schäuble, ministre des Finances, a salué dimanche les progrès accomplis.
Depuis des mois, il faisait figure de faucon dans le conflit fiscal entre l'Allemagne et la Suisse. Wolfgang Schäuble a changé de ton ce week-end: le ministre allemand des Finances a salué dimanche, dans une interview accordée au Schweiz am Sonntag, les progrès et les efforts réalisés par les banques suisses en matière de lutte contre la fraude fiscale et pour la transparence.

«On ne se serait pas attendu, voici quelques années, à ce que les banques suisses poussent d'elles-mêmes si loin la démarche de suppression du secret bancaire», constate Wolfgang Schäuble.

La pression des Américains

Le ministre situe les premiers coups de butoir contre le secret bancaire aux recherches sur les fonds en déshérence de la période nazie: «Je me souviens des conversations avec les conseillers fédéraux, avec Arnold Koller, Flavio Cotti et Kaspar Villiger. A l'époque c'est la pression américaine qui a fait fléchir la Suisse. Aujourd'hui, c'est à nouveau avec les Américains, via l'accord FATCA, que l'échange de données est engagé.»

Wolfgang Schaüble revient également sur l'achat de CD contenant des données bancaires suisses: «Lorsque les CD ont commencé à circuler, au printemps 2010, j'ai participé à la première décision d'achat. J'ai alors appelé le ministre suisse des Finances Hans-Rudolf Merz et lui ai dit: "Je dois prendre une décision difficile qui sera inconfortable pour vous." C'est alors que nous avons décidé, pour la première fois, d'échanger des informations selon les critères OCDE, et ensuite d'entamer des négociations sur un traité fiscal.»

Pas de nouvel accord bilatéral

Au sujet de l'échange d'informations, Wolfgang Schäuble balaie l'hypothèse d'un nouvel accord bilatéral: tout se fera désormais dans le cadre de l'OCDE. «Si l'OCDE adopte une norme internationale, tout pourra aller très vite», estime le ministre, qui avertit tout de même que le refus de certains paradis fiscaux exotiques de s'associer à la démarche «ne devrait pas constituer une excuse pour un refus» de la Suisse.

«La Suisse est peut-être plus sage et plus sensible que d'autres pays, mais elle change également», analyse ce grand connaisseur de la Confédération. D'ailleurs, conscient des réticences de nombreux Suisses à voir leur pays rejoindre l'Union européenne, il affirme que l'approche bilatérale reste envisageable: «L'Europe est fondée sur le caractère volontaire. Pourquoi un petit pays ne pourrait-il pas suivre sa propre voie? J'ai un grand respect pour la culture et les traditions de la Suisse politique.»
Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."