Bilan

Genève: la tour Pictet dévoilée

C’est le bureau d'architectes dl-a d’Inès Lamunière qui va créer le Campus Pictet de Rochemont à l’horizon 2025 à Genève.

La future tour Pictet se dressera en 2025 à Genève.

Crédits: dl-a, designlab architecture

«Pour nous, ce projet est le plus important de notre histoire 54'000 m2 de surfaces de travail (soit 2500 places de travail) et 10'000 m2 de surfaces résidentielles (100 logements). Avec ce projet d’envergure, nous confirmons notre ancrage à Genève et plus précisément à Carouge. Ce n’était pas gagné d’avance», a indiqué mardi matin Renaud de Planta, associé senior du groupe Pictet. Il présentait, avec trois mois de retard du fait du confinement, les résultats du concours d’architecture relatif à son futur nouvel immeuble.

C’est le bureau d’architecture genevois «dl-a, designlab architecture» qui a remporté ce concours SIA sur invitation. L’inauguration de ce quadrilatère comprenant une tour de 90 mètres de haut est prévue en 2025. Il portera le nom de «Campus Pictet de Rochemont». «Le choix de ce nom se veut, d’une part, l’expression de l’ambition de Pictet d’être une entreprise tournée vers la recherche de l’excellence, la rigueur intellectuelle et l’innovation; il est d’autre part un hommage à Charles Pictet de Rochemont, l’une des figures les plus marquantes de l’histoire suisse. Artisan du rattachement de Genève à la Suisse et de la reconnaissance de la neutralité suisse par les puissances des Congrès de Vienne et de Paris en 1815, il a contribué à assurer à Genève et à la Suisse, à leurs populations et aux entreprises comme Pictet plus de deux siècles de paix et de prospérité», relève le Groupe Pictet.

Des inconnues sur le budget et le personnel

Le montant de ce futur chantier dont le dépôt de la demande de permis de construire est prévu en mars 2021 n’a pas été communiqué. «Le montant n’est pas connu», a-t-il été répondu. On sait juste qu’il sera significativement plus important que la construction du siège situé au 60 route des Acacias édifié entre 2002 et 2005 pour un montant de l’ordre de 400 millions de francs pour 35'000 m2. Avec la tour Pictet, on parle de 64'000 m2 de surfaces à bâtir, ainsi, si l’on prend une estimation maximale usuelle de 10'000 francs le m2, cela signifie un investissement de l’ordre de 640 millions de francs.

Autre inconnue: le nombre de salariés du Groupe Pictet qui sera regroupé entre le siège actuel et la future tour. A l’heure actuelle, il emploie quelque 2700 personnes sur Genève, répartie entre le siège et les bâtiments adjacents, lesquels sont loués à des tiers. A raison d’environ 60 engagements nets par année sur le canton, le Groupe devrait avoir atteint les 3000 salariés lors de l’inauguration du futur quadrilatère. De quoi devenir le second plus important employeur privé de Genève, derrière Rolex, mais devant les groupes Migros et Richemont.

Présidé par l’architecte Patrick Devanthéry, le jury de onze membres avait invité 14 bureaux suisses: 7 de Genève, un de Lausanne, 3 de Bâle, 2 de Zurich et un de Frauenfeld. Parmi les bureaux invités, il y avait Bassi Carella Marello, lequel avait été le lauréat de l’avant-projet relatif au siège édifié voici près de vingt ans. A l’issue du concours, un second tour a été organisé pour sélectionner le lauréat 2020. Outre le lauréat dl-a designlab architecture, le 2ème prix a été attribué aux Zurichois E2A, le 3èmeaux Zurichois Graber Pulver, le 4ème aux Lausannois Brauen Wälchli et le 5ème aux Bâlois Christ & Gantenbein.

Ce qui a séduit le jury dans le projet anonyme intitulé «Feng Shui PIC», le projet lauréat, c’est notamment l’élégance de la façade et la perméabilité des flux qu’il entend favoriser. «Le confinement lié à l’actuelle pandémie n’a pas remis en question l’ambition de ce projet. Le besoin d’un bâtiment reste car il nous faut travailler ensemble pour imaginer les solutions de demain. De plus, le siège actuel a atteint sa capacité maximale», relève Rémy Best, associé et membre du jury.

Les meilleures normes environnementales

En effet, alors que la banque employait plus de 1300 collaborateurs à Genève lors du lancement du chantier en mars 2002, les surfaces disponibles étaient prévues pour un maximum de 2000 places de travail. Charles Pictet, alors associé senior, avait d’ailleurs déclaré que ce bâtiment « devrait permettre de répondre à nos besoins et à ceux de nos clients pour, je l’espère, au moins une génération… ». Pari tenu ! Le groupe Pictet propose désormais aux deux tiers de ses collaborateurs la possibilité de travailler un jour par semaine depuis son domicile. Parmi les autres avancées prévues, Renaud de Planta a mentionné une future crèche, ainsi sans doute qu’un fitness. Enfin, le site comprendra un auditoire de grande capacité (environ 700 places) semi-public ouvert à des conférences externes et des manifestations culturelles.


Enfin, en matière environnementale, il a été relevé la volonté de réaliser un nouveau bâtiment répondant aux meilleures normes environnementales. « Nous allons aussi assainir et renaturer la Drize et créer un îlot de verdure, un petit parc, accessible au public.» Présent hier dans les locaux de la banque, le président du Conseil d’Etat Antonio Hodgers a reconnu la qualité du projet: «Cet investissement ne se fait pas n’importe où. Vous avez su vous mettre au centre de la Genève de demain. Vous avez su anticiper son évolution. A travers ce projet, il nous faut assurer de prendre le contre-pied au trend passéiste voulant que tout ce qui est ancien est mieux. Un adolescent ne peut garder éternellement son tee-shirt d’enfant. Nous sommes désormais une métropole d’un million d’habitants. Il ne faut pas seulement faire une ville dense et verticale, mais aussi synonyme de qualité de vie et de mixité sociale. C’est cette ville-là du XXIe siècle qu’il nous faut construire. Nous devons assumer que la ville est l’avenir de la durabilité.»

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin 2019.

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