Bilan

Le taux de propriété est élevé chez les couples âgés

Au cours de ces dernières années, le taux de propriété chez les personnes de plus de 55 ans a augmenté en Suisse. Et il est plus élevé dans les régions rurales qu’en zones urbaines.

La villa devient souvent trop grande lorsque les enfants quittent le nid familial.

Les enjeux sociaux actuels et futurs en matière de vieillissement et de logement figurent au cœur de la publication Age Report - Habitat et vieillissement (1). Depuis la première édition de cette étude (en 2004), «une même aspiration ressort des sondages menés auprès des personnes âgées: l’importance d’habiter un logement accueillant et chaleureux pour y vivre une retraite paisible.»

Parmi les autres priorités relevées, «le logement doit être idéalement situé dans un environnement résidentiel calme, mais rester cependant bien relié aux services et commodités infrastructurelles. La proximité des membres de la famille revêt également une grande importance, plus particulièrement au Tessin.» Réalisée pour la première fois dans toute la Suisse, cette étude de 326 pages présente les résultats d’une vaste enquête menée auprès de plus 2500 personnes âgées. Un de ses chapitres est consacré au thème de la propriété du logement chez les seniors.

Le rôle de l'héritage

Aujourd’hui, seule une minorité des personnes de 55 à 74 ans vivent dans un logement locatif. Au cours de ces dernières années, le taux de propriété chez les personnes de plus de 55 ans a augmenté. Et il est particulièrement élevé chez les couples âgés. Soit parce que l’addition des revenus de deux personnes pendant de nombreuses années a facilité l’acquisition d’un logement. Soit parce que chaque membre du couple a hérité d’une habitation.

En revanche, les personnes âgées vivant seules résident plus généralement dans un logement locatif et sont plus rarement propriétaires de leur logement. De même, chez les plus de 75 ans, le taux de propriété tend à diminuer. «D’une part en raison de la vente de tels biens, chose courante de la part des personnes âgées et, d’autre part, du fait que ces personnes possèdent aujourd’hui moins d’actifs que les générations qui leur succèdent», relève l’étude.

Moins de propriétaires en villes

De même, le taux de propriété du logement varie considérablement d’une région à l’autre. Il est plus élevé dans les régions rurales qu’en zone urbaine. «Selon les données du Panel suisse de ménages pour 2016, dans les centres-villes, 71% des personnes interrogées âgées de plus de 64 ans vivaient dans des logements locatifs, contre 61% dans les communes suburbaines et 38% dans les communes rurales», indique l’étude. «Dans les régions urbaines et suburbaines en particulier, l’accès à la propriété est étroitement lié aux revenus du travail ou acquis sous forme de rente, à savoir que les personnes à revenu élevé sont plus susceptibles de vivre dans un logement en propriété que les personnes à faible revenu.»

En général, la propriété du logement est associée à un meilleur cadre de vie, à une plus grande satisfaction quant au logement et à des possibilités d’aménagement accrues. «Dans un âge avancé, des problèmes peuvent apparaître lorsque le logement en propriété a été acquis pour la période de la vie familiale et que, plus tard dans l’existence, les enfants étant partis ou le conjoint étant décédé, l’appartement ou la maison familiale individuelle, dont on est propriétaire s’avère trop grand ou trop coûteux», constate l’étude. Et de citer les recommandations de l’architecte Marianne Beyeler: «Idéalement, la maison et l’appartement devraient donc aussi être conçus de manière à pouvoir s’adapter aux besoins individuels avec un minimum de frais de construction, en faisant en sorte de pouvoir utiliser différemment les espaces et surfaces habitables et de pouvoir les agrandir ou les réduire en fonction des changements.»


1.Disponible sur www.age-report.ch/fr, cette étude est co-éditée par les professeurs François Höpflinger, Valérie Hugentobler et Dario Spini.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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