Bilan

Les prix de l’immobilier de luxe repartent à la hausse

Dirigée par Knight Frank et présentée par son partenaire helvétique Naef Prestige, l’étude internationale Wealth Report 2020 révèle les grandes tendances sur un an, avant que le Covid-19 vienne perturber la planète.

  • Francfort enregistre la plus forte progression des prix de l’immobilier en 2019: +10,3%.

    Crédits: Yann Sasportas/Philippp Klinger/Getty images

Bonne nouvelle? Malgré les nombreuses incertitudes rencontrées en 2019, la classe d’actifs de l’immobilier résidentiel de prestige est restée une valeur sûre. Comme le révèle la 14e édition du Wealth Report édité par Knight Frank, l’année dernière, les 100 localisations couvertes par l’enquête PIRI (Prime International Residential Index) indiquent une hausse moyenne des prix de 2%, contre 1,3% en 2018. Rappelons que le record de 2,8% de croissance avait été atteint en 2013.

Monaco reste la ville la plus chère du monde: 62 500 dollars le mètre carré. (Crédits: Yann Sasportas/Philippp Klinger/Getty images)

Voici les chiffres bruts avec le top 30 des plus fortes progressions de prix: Francfort arrive largement en tête (+10,3%), devant Lisbonne (9,6%) et Taipei (8,9%). Néanmoins, comme l’indique notre tableau, ces trois villes ne font pas partie des emplacements où le prix du mètre carré résidentiel est le plus élevé. A ce propos, le PIRI 100 relève que les prix à Monaco (la ville la plus onéreuse de la planète) n’ont connu aucune évolution, alors que Hongkong (2e ville la plus chère) a vu ses prix augmenter en moyenne de 2,9%. Une donnée qui a de quoi surprendre puisque cette cité-Etat a été secouée par des mois d’émeutes qui l’ont paralysée, à l’image de son aéroport.

Derrière le trio de tête du PIRI 100, on trouve: Séoul (7,6%), Houston (7,4%), Athènes (7,0%), Mexico City (6,6%), Manille (6,5%), Berlin (6,5%) et Canton (6,3%). D’autres villes européennes suivent: au 11e rang, Stockholm (5,2%), Madrid (5,1%), Moscou (4,7%), Zurich (4,5%) au 18e rang, puis Paris (4,3%), Milan (4,0%), Amsterdam (4,0%), Barcelone (3,8%), Oslo (3,8%), Courchevel 1850 (3,5%), Genève (3,5%) et Val-d’Isère (3,2%). Plus loin, signalons encore Verbier (1,8%), Lausanne (1,2%), Gstaad (0,7%) et Saint-Moritz (0,5%). Enfin, le PIRI relève les reculs significatifs de certaines destinations: Vancouver (-8,3%), Abu Dhabi (-5,5%), Istanbul (-5,0%), Doha (idem), Buenos Aires (-4,5%), New York (-3,6%), Londres (-2,6%) ou encore Cannes (-2,3%). Bref, au final, les prix se sont plutôt bien maintenus en Suisse, en particulier dans les grands centres urbains (tels les quartiers chics de Zurich et de Genève). En 2019, le PIRI avait au contraire indiqué des prix en baisse: -1% à Zurich et -2% à Genève. A Lausanne, les prix étaient stables en 2019.

Bien équipé et proche de la nature

Les auteurs de l’enquête ont tenté d’analyser l’importance du bien-être (wellness). Pour ce faire, ils ont effectué un sondage auprès de 620 banquiers privés et gérants de fortune entre octobre et novembre 2019. Interrogés sur les attentes de leurs clients, ils ont relevé que ceux-ci consacraient davantage de temps à leur bien-être. Dans le même ordre d’idées, 50% des UHNWI (autrement dit, les ultra high-net-
worth individuals, ceux qui possèdent des actifs supérieurs à 30 millions de dollars, sans prendre en considération la valeur de la résidence principale) étudient la proximité d’espaces verts pour la détente lorsqu’ils réfléchissent à l’acquisition d’un bien immobilier. La disponibilité et la qualité des équipements locaux pour le wellness sont prises en compte aussi (49%). Ils adhèrent également (à 48%) à la proposition stipulant que «la conception (design) de la propriété contribue au bien-être physique et mental». Logique. En revanche, la qualité des équipements médicaux proches ne semble pas prioritaire (37%), mais gageons que ce critère gagnera en importance après l’épisode traumatisant du coronavirus…

Les jeunes millionnaires ayant fait fortune dans la tech ont indiqué préférer les locations suivantes: Nouvelle-Zélande, les Alpes, Malibu, les Hamptons, Sydney, le Japon et l’Afrique du Sud. Des emplacements qui ont pour particularité d’offrir un accès quasi immédiat à la nature.

Avec 4,5%, Zurich se place au 18e rang mondial en termes de hausse des prix. (Crédits: Elisabeth Real)

Etudiants et seniors

Parmi les autres tendances décrites dans le Wealth Report 2020, l’investissement grandissant, généralement via des family offices, dans la pierre: en 2019, 122 milliards de dollars ont été placés dans le segment appartements, 85 milliards dans les surfaces de bureaux, 45 milliards dans les surfaces commerciales, 42 milliards dans les surfaces industrielles et logistiques, 28 milliards dans les surfaces hôtelières, ou encore 9 milliards dans les résidences pour seniors.

L’investissement dans les résidences pour étudiants gagne aussi du terrain auprès de la clientèle des UHNWI puisque 59% d’entre eux sont intéressés à y placer des fonds. «Les investisseurs cherchent des actifs qui vont leur fournir un revenu dans un monde où les taux d’intérêt et le rendement des obligations sont devenus au mieux insignifiants, voire négatifs», observe James Mannix, responsable du département Residential Investment and Development chez Knight Frank. D’après le rapport, les personnes fortunées originaires d’Europe et d’Afrique seraient les plus intéressées à favoriser l’investissement dans les segments résidences pour seniors et/ou pour étudiants.

Knight Frank en profite pour présenter une sélection de sites: la Floride, où le nombre de personnes de plus de 65 ans va doubler dans les quarante prochaines années grâce à son climat tempéré et très ensoleillé; l’Etat de Victoria en Australie (dont Melbourne), qui voit le nombre de ses étudiants internationaux croître très fortement (+12,5%), principalement grâce aux Indiens et aux Chinois; Dublin où de plus en plus d’habitations sont mises en location (principalement pour les moins de 35 ans); enfin, Londres.

Les prédictions

Les auteurs du Wealth Report ont tenté de faire des prévisions de croissance pour 2020. Si l’on prend Genève, par exemple, ils rappellent tout d’abord qu’ils avaient estimé une progression des prix de l’immobilier de 1% en 2019. Or, selon leurs données, cette croissance s’est élevée à 3,5%! Dès lors, optimistes, ils tablent sur une poursuite en 2020 et parlent d’un 4%, soit autant qu’à Sydney. A l’inverse, ils avaient été trop optimistes pour Paris (6%, alors que la hausse n’a atteint «que» 4,3%), ce qui ne les empêche pas de viser un 7% pour 2020!

Certes, les professionnels de Knight Frank ne pouvaient savoir que le Covid-19 allait venir perturber la planète. Etant donné la crise actuelle, il faudra attendre quelques mois après la fin de la période de confinement pour connaître les répercussions de la pandémie sur les prix de l’immobilier.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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