Bilan

Le Verbier authentique: l’offre qui veut casser l’image établie

Le Val de Bagnes est connu pour ses raclettes, son animation et son sport. Verbier Tourisme et les différentes communes de la vallée ont mis sur pied une offre différente, qui permet aux visiteurs de découvrir l’authenticité des villages alentours. Compte-rendu.

Crédits: DR

Comment faire plus valaisan qu’un bisse et une raclette? Le Val de Bagnes est désormais positionné sur plusieurs créneaux. La vallée rayonne notamment grâce à son offre pour cyclistes. Une étape de l’UCI World Tour y passe, et la station de Verbier liste 37 parcours pour les amateurs de plein air.

En bas des télécabines du Châble, les plus intrépides se retrouvent avec leur VTT de descente. Casques, masques, jambières et dorsales font partie de l’équipement minimum pour ce sport extrême. Autre ambiance lorsque l’on retrouve Elise Farquet, de Verbier Tourisme. La visite commence dans les hauts du village de Bruson, à côté du Bisse de Bruson. C’est là, au Palp Festival, que débute l’offre du Verbier authentique, que promeut l’office du tourisme. «Le but est de montrer que tout le monde peut venir» explique Elise Farquet.

Le Palp Festival dure un mois dans tout le Valais. Pour Verbier et ses alentours, un des points d’attraits est le tour du bisse des Ravins. Il s’agit d’un parcours à travers le bisse présent à Bruson. L’un surplombe le Val de Bagnes, et les visiteurs ont droit à une bruschetta et une boisson pour admirer le premier concert, assis dans l’herbe.

Ensuite, la marche reprend pour arriver à des tables et bancs posés sous des parasols, et un concert accompagne la salade de pommes de terre et ses radis. Enfin, le clou du spectacle est plus bas, avec un crumble en dessert ainsi qu’un concert. «Le Palp, c’est 100% de produits du terroir», explique Sébastien Olesen, directeur du festival. La volonté de tous les participants étaient de réunir en un point différents savoir-faire.

Une fois la balade terminée, les touristes retournent au point de départ - c’est à dire à la Raclett’House. Comme son nom l’indique, on y sert de la raclette. C’est le gérant, Eddy Baillifard, qui raconte l’histoire du lieu. «Avant, ce bâtiment abritait des télécabines mais la construction au Châble fait que ce ce lieu a été vidé.» Ce vaste bâtiment comprenant réfectoire et chambres a donc été laissé sans savoir qu’en faire, jusqu’à ce qu’Eddy parvienne à convaincre la commune de le lui laisser. «Il n’y avait pas de restaurant qui fait de la raclette toute l’année. Et il y avait tout: un parking, un réfectoire...» lance-t-il avant d’ajouter «J’étais sûr que ça pouvait marcher !». Eddy a eu son idée après un accident qui l’a laissé immobilisé de la nuque pendant environ 18 mois. «J’ai eu le temps de réfléchir» affirme-t-il avec lucidité.

L’idée est un succès, et Eddy est devenu en quelque sorte un ambassadeur de la Suisse. Sa raclette, il l’a amenée à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Pyeongchang (Corée) en 2018. Il l’a fait également découvrir à des ambassadeurs, grâce à Présence Suisse. En d’autres mots, Eddy est une icône pour la Suisse mais il reste ce même homme souriant à Bruson. En une dizaine de minutes de discussion avec lui, le nombre de «Salut Eddy ! La forme ?» avait de quoi exploser les compteurs.

Bruit + Bruson = Bruisson

Les habitants de Bruson ont à cœur de se rappeler leur histoire. Ils ont pour cela rassemblé les sons du village pour en faire une exposition à ciel ouvert. Chaque lieu raconte une histoire différente.

Une sorte de cabine permet d’écouter les sons en direct de trois endroits. Un bâtiment diffuse une musique créée à partir de sons du village. Une collection de cloches aux sonorités singulières sont suspendues dans une grange, et les visiteurs peuvent s’y essayer. «Les paysans reconnaissent les sons de leurs vaches, mais aussi ceux de leurs voisins», explique Mélanie Roh, qui a contribué à mettre en place l’exposition.

Eddy Baillifard confirme: «Je pouvais nommer les 180 vaches du village.» En tout, plus d’une vingtaine de lieux jouent avec les bruits pour mettre en avant la vie de ce village de Bruson. Le fruit d’un long travail de passionnés, qu’ils soient ethnologues, écrivains ou musiciens.

Moulin, plantes, chocolat et distillerie

L’union fait la force. C’est du moins ce qu’a pensé Isabelle Gabioud en créant une communauté Slowfood à Sarreyer. Le village valaisan, lui aussi niché dans le Val de Bagnes, compte de nombreux agriculteurs et artisans. «Je voyais livrer tout le monde courir partout pour livrer ses produits» raconte-t-elle. Alors est née l’association.

En son sein: des personnes qui produisent du pain, de la viande séchée, du vin, du fromage ou qui possèdent un hectare de plantes en tous genres. A l’entrée du village, un «four banal» rassemble ceux qui veulent fabriquer le pain à l’ancienne. Les petites rues de Sarreyer sont calmes, et on y trouve quelques pépites. Des chats qui cherchent les caresses des visiteurs, une ancienne grange transformée en résidence secondaire par un architecte espagnol séduit par la région ou encore un café où l’on ne sert que du local: chocolats du pâtissier installé à quelques rues, plantes d’Isabelle Gabioud et autres produits du terroir.

VIP Pass

L'une des cartes jouées par Verbier pour attirer les touristes est le Verbier Infinite Playground Pass (Verbier VIP Pass). L'édition 2020 est spéciale et donne accès à des activités à prix réduit. Surtout, il est offert à toute personne qui paye la taxe de séjour, à travers un hôtel ou une maison d'hôtes par exemple. La commune de Bagnes a déboursé 1 millions de francs pour dynamiser l'offre d'été. Et les idées se multiplient, à l'image de l'Hôtel Mille Etoiles, qui propose à Verbier un bivouac au Mont-Fort, à plus de 3000m d'altitude. Cette initiative pour dormir au plus près du ciel est présente dans divers endroits de Suisse. Elle a été lancée par Suisse Tourisme.

Bivouac au Mont-Fort. Crédits: GoneGone Media.
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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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