Bilan

Le vernis aux 3000 couleurs souffle ses 20 bougies en Suisse

Importée pour la première fois en Suisse en 2000 par l’entrepreneur Hervé Loubet, la marque OPI est rapidement devenue le leader du secteur des vernis à ongles et des soins professionnels pour les mains et les pieds.

Suzi Weiss-Fischmann et George Schaeffer, fondateurs de la marque OPI.

Crédits: Dr
Hervé Loubet, cofondateur de So Be Cosmetics (Crédits: Dr)

Les amatrices de vernis à ongles connaissent toutes la marque OPI, dont la Suisse est le 4e plus grand marché en termes de chiffre d’affaires après les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France. En effet, après 20 ans de présence sur territoire helvétique, le leader du secteur ne compte pas moins de 2500 clients (professionnels et revente pure). Au niveau mondial, OPI est présente dans plus de 100 pays et collabore avec 100 000 ongleries et autres établissements professionnels.

Fondée en 1981

La marque de vernis est fondée en 1981 à Hollywood par les Américains d’origine hongroise Suzi Weiss-Fischmann et George Schaeffer. Leur entreprise, baptisée OPI, pour « Odontorium Products Inc », vend alors de la porcelaine acrylique pour les prothèses dentaires. Malgré eux, leurs produits connaissent un rapide succès auprès des stylistes ongulaires qui les utilisent pour créer des ongles artificiels. En effet, les produits qui se vendent alors sur le marché pour les ongles artificiels sont rares et de mauvaise qualité, générant fréquemment des allergies. Le couple saisit alors l’opportunité de proposer une ligne destinée aux salons professionnels, comprenant une poudre, un liquide et un primer, reliés par une simple bande élastique permettant de construire un ongle artificiel. Quelques années plus tard, en 1989, les deux entrepreneurs lancent leur tout premier vernis à ongles de couleur.

OPI a régulièrement conclu des partenariats avec des personnalités du monde de la musique telles que Gwen Stefani, Nicki Minaj, Katy Perry ou encore Mariah Carey. (Crédits: Dr)

OPI et la Suisse

C’est en 2000 qu’Hervé Loubet décide de quitter le monde de l’horlogerie et de la joaillerie pour cofonder So Be Cosmetics, petite PME qui lancera et développera OPI en Suisse romande. Pendant des années, celui qui sera formé à la « précision » et à la « qualité » prendra son bâton de pèlerin, une mallette contenant les produits à la main, pour rendre visite aux salons de beauté, de coiffure (Jean-Louis David compte parmi les premiers clients) et les ongleries de Genève. En 2002, il engage une première représentante, Trudy Hauser, afin de proposer les vernis OPI en Suisse alémanique. C’est le début d’une avalanche de collaborations dans les salons professionnels de toute la Suisse. En 2010, soit dix ans après le lancement de la marque en Suisse, Hervé Loubet décide de ne plus offrir une exclusivité au marché professionnel en se lançant petit à petit dans la vente au détail. La marque est alors disponible dans des enseignes telles que Douglas, Pharmacie Populaire, Amavita, Manor, Coop City, Globus ou encore Marionnaud. Elle est rapidement reconnaissable par ses displays brevetés réalisés sur mesure, avec éclairage LED, écrans pilotés à distance et vitrines holographiques. Et surtout avec un choix de couleurs allant jusqu’à 320 teintes. Aujourd’hui, le marché comprend 50% de clientèle professionnelle et 50% de clientèle de revente pure. De nombreuses enseignes, à l’instar des vingtaines de Nail Bars, sont devenues de véritables ambassadrices de la marque à travers la Suisse.

En 2013, l’entreprise, qui croît énormément, construit un grand entrepôt de stockage des produits à Charrat (VS) qui comprend également un centre de formation. Forte d’une grande croissance, elle a déménagé l’an dernier dans un nouvel entrepôt de 1700 m2 à Sierre. Cependant, afin de poursuivre son développement, So Be Cosmetics est vendu à la multinationale Coty en 2018, qui avait déjà racheté la marque OPI en 2010.

(Crédits: Dr)

Partenariats

Très forte en marketing, OPI a régulièrement conclu des partenariats avec des personnalités du monde de la musique telles que Gwen Stefani, Nicki Minaj, Katy Perry ou encore Mariah Carey. Mais également avec des productions cinématographiques (« Pirates des Caraïbes »,« James Bond Skyfall », « Shrek », « Spider Man », « Le magicien d’Oz »). Ou encore avec des sportives comme Serena Williams et des marques telles que Converse et Coca-Cola, dont le rouge est devenu l’un des « best-sellers » de la marque. « OPI se veut un accessoire de mode, dont les couleurs des collections sont inspirées des tendances du prêt-à-porter » explique Daria Graf, la directrice de la communication, des grands comptes et du marketing de So Be Cosmetics. Ainsi, chaque année, OPI sort cinq à huit collections de différentes couleurs. « L’enseigne est aussi l’une des premières marques à avoir éliminé des ingrédients controversés de ses formules (phtalates, toluène, formaldéhyde) et à ne tester aucun de ses produits sur les animaux », ajoute Daria Graf. Cependant, le lancement d’un produit 100% naturel n’aura pas lieu dans un avenir proche, car les recherches d’une formule purement naturelle qui propose la même qualité de tenue n’ont pas encore été fructueuses. Toutefois, « OPI continue ses recherches afin de créer une gamme avec un taux d’ingrédients naturels de plus en plus élevé », indique la directrice de l’entité genevoise.

Douze heures de réflexion

Afin de faire voyager les utilisatrices des vernis OPI, ces derniers portent des noms de villes ou de pays lointains (Mexico City) ou d’univers magiques pleins d’humour (I’m Not Really a Waitress). La tradition veut que la cofondatrice, Suzi Weiss-Fischmann, se réunisse avec son équipe dans une salle, parfois durant des heures, afin de trouver 12 nouveaux noms pour les vernis et les collections. En règle générale, cette réunion est toujours accompagnée de plats typiques de la destination de la collection comme inspiration. « Suzi s’inspire énormément de la nourriture et de la mode pour créer les couleurs et les noms des vernis », confirme Daria Graf. Depuis son lancement, ce ne sont pas moins de 3000 couleurs qui ont été inventées. Avec plus de 30 brevets, notamment pour son pinceau aplati, la forme de sa bouteille et de son bouchon, OPI demeure avant-gardiste au niveau de la recherche et du développement. Par ailleurs, la marque a reçu de nombreux prix et reconnaissances pour sa large gamme de vernis et de gels, mais également pour ses produits de soin pour la beauté des mains et des pieds.

Durant la crise du Covid-19, plusieurs usines COTY se sont lancées dans la production de gel hydroalcoolique qu’elles ont mis à disposition gratuitement à des intervenants médicaux d’urgence. « En Suisse, So Be Cosmetics a également mis en place un plan d’action concret pour soutenir ses clients professionnels », explique Daria Graf. Durant cette même période, la société d’investissement internationale KKR (dont le portefeuille comprend 109 entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires de 157 milliards de dollars) a racheté 60% du capital de la division Coty Professional Beauty et de ses activités de vente de produits capillaires et ongulaires, y compris les marques Wella, Clairol et OPI, dont la valeur d’entreprise est estimée à 4,3 milliards de dollars.


Astuces

La salle de bains n’est pas un lieu idéal pour conserver les vernis à ongles puisque ces derniers nécessitent une température stable. Il ne faudrait pas non plus les exposer à la lumière puisque certaines couleurs pastel pourraient s’estomper ou jaunir.


2500

Clients en Suisse

100

Pays et plus dans lesquels OPI est présente

100 000

Ongleries et autres établissements professionnels avec lesquels OPI collabore

3000

Couleurs inventées

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

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