Bilan

Les gins et whiskys locaux attirent de plus en plus

Le canton du Valais regorge de distilleries. Des amoureux du gin et du whisky produisent des breuvages qui rencontrent «un fort intérêt», malgré leur prix.

  • Gin Alata à Martigny.

    Crédits: Dr, Yann Gross
  • Hugo Pozzo di Borgo, fondateur du gin Alata à Martigny.

    Crédits: Dr, Yann Gross
  • Florian Antille et Sébastien Zufferey de la distillerie o2Vie à Sierre.

    Crédits: Dr, Yann Gross

Le gin que vous avez utilisé pour agrémenter votre dernier cosmopolitan ou gin tonic vient peut-être du Valais. Des producteurs de Martigny, Sierre ou encore Ardon créent en effet des whiskys et gins du terroir.

La distillerie Morand s’est par exemple associée à la startup Alata pour mettre au point un gin local. «Personne n’avait cela ici», argue Hugo Pozzo di Borgo, fondateur d’Alata. Pour se distinguer des grandes marques distribuées mondialement, les Valaisans ont choisi d’utiliser des ingrédients emblématiques. «La base reste du genévrier. Pour l’aromatiser, on fait macérer des poires sèches du Valais avec d’autres plantes aromatiques, ce qui donne une certaine douceur.»

Cette formule inédite dans le catalogue de la distillerie Morand est une porte vers un nouveau marché. Les canaux de vente traditionnels sont employés, mais également des points de vente plus spécialisés. Certains bars, par exemple. «On voit un fort intérêt», se réjouit Fabrice Haenni, directeur chez Morand.

Florian Antille, cofondateur de la distillerie o2Vie à Sierre, ajoute: «Le gin rencontre du succès dans le monde entier, mais très peu est produit ici.» Il existe notamment le Xellent Edelweiss Gin, produit à Willisau dans le canton de Lucerne. Le Valaisan dit observer un phénomène semblable à celui des microbrasseries. S’il a voulu lancer une distillerie, c’est aussi pour produire du gin.

Question whisky par contre, la plus ancienne marque à avoir commencé en Valais se nomme Swhisky. Date du lancement? L’an 2000. «Dès que nous avons été autorisés à distiller des céréales», précise le distillateur Alex Delaloye. Son breuvage, élaboré à Ardon, tire une partie de sa saveur de ses tonneaux. Commandés spécialement en Espagne, ils ont auparavant abrité du xérès. «C’est ce qui lui donne ce goût et sa couleur», ajoute le producteur, qui insiste au passage sur la qualité de l’eau et de l’orge utilisées.

Un attrait jeune

Si les gins et les whiskys valaisans attirent de plus en plus, ils détournent peut-être les traditionnelles eaux-de-vie à la poire ou aux abricots. Cette tendance découle de plusieurs facteurs. Florian Antille évoque l’influence des grandes villes comme Paris ou Berlin, où les cocktails sont mis à l’honneur et donnent à ces alcools une image raffinée. La mixologie a donné en effet le jour à bon nombre de cocktails à base de gin notamment.

Hugo Pozzo di Borgo reconnaît une certaine ambivalence entre l’image classe, festive, et celle du consommateur d’alcool fort. «Un gin tonic ne comporte pas plus d’alcool qu’un grand verre de vin», remarque-t-il. Lui qui a d’ailleurs quitté le monde viticole pour celui du gin ne mâche pas ses mots: «J’ai vu les produits qui étaient mis dans certains vins», raconte-t-il. C’est là qu’est née sa volonté de créer un produit plus pur. Et ce, jusque dans la dégustation. «Je conseille de le consommer pur, et les gens me disent «mais vous êtes fou!», sourit-il. S’il est convaincu que le gin doit être bon sans être mélangé, c’est aussi car le public visé est large. «Le consommateur n’est pas forcément spécialiste, cela doit fonctionner dans tous les cas.»

Les distillateurs suisses présentent toutefois des boissons plus chères que les grands classiques. En cause, le manque d’économies d’échelle possibles, les taxes helvétiques sur les spiritueux ainsi que le coût des ingrédients. «Le travail est fait à Martigny, tout comme le processus de distillation. Il y a beaucoup d’ingrédients dans la recette, et de nombreux essais dans le cadre du développement sont effectués», énumère Fabrice Haenni.

Garciarebecca1
Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

Du même auteur:

A chaque série Netflix son arôme de cannabis
Twitch: comment devenir riche et célèbre grâce aux jeux vidéo

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."