Bilan

L’esprit de l’extase

Un luxe extrême. Un moteur silencieux. Un gabarit hors norme… Conduire une Rolls-Royce Dawn est une expérience dont on ne sort pas indemne.

  • Crédits: Rolls
  • Crédits: Rolls

Je dois dire que je n’ai jamais bien compris le concept de la Rolls-Royce. D’abord, c’est hors de prix et il est inutile d’essayer de se parquer en ville – à moins de dormir dans un cinq-étoiles. En plus, on ne peut même pas monter skier avec. En théorie, on peut, mais il faudrait payer le chasse-neige pour déneiger devant nous. Ce qui est tout relatif, puisque, quand on peut s’acheter une Rolls, on peut s’acheter aussi le chasse-neige pour déblayer la neige et monter au chalet à Crans-Montana.

Pourtant, il n’aura pas fallu longtemps pour s’y faire. En approchant de la Rolls-Royce Dawn qui allait être la mienne pour un long week-end, j’ai ressenti, il faut le reconnaître, une certaine forme d’intimidation. Il est vrai que ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de rouler dans un immense paquebot avec toute la classe et la distinction britanniques dedans. Pour être franc, au début j’en étais à me demander si je pouvais me permettre de rentrer dedans en basket et en jeans.

Plus rien ne sera jamais pareil

Une fois la porte ouverte – dans l’autre sens (sûrement pour ne pas faire comme tout le monde) –, vous savez que plus rien ne sera comme avant. On voit que la voiture a été construite à la main et que le goût du luxe a été pensé jusqu’au moindre détail. En fait, en s’asseyant dans une Rolls, on est immédiatement obligé de repenser complètement sa vision de l’automobile.

Oui, plus rien ne sera jamais pareil et vous savez instinctivement que la prochaine voiture que vous conduirez sera forcément en dessous. Avant de la mettre en marche, il y a comme un instant de recueillement nécessaire pour prendre la mesure de ce que vous allez faire. D’abord, vous devez compter dans votre tête ce que ça va coûter si vous ratez un virage (vu le poids de la bête lancée à pleine vitesse, ça vaut la peine d’y penser quand même), et puis il faut s’habituer à tout ce luxe et ce confort. A noter qu’il est plus simple d’y entrer et de s’y habituer, que de ressortir et de revenir à la réalité de votre poubelle personnelle. Parce que, croyez-moi, peu importe la voiture qui vient après la Rolls, c’est une poubelle. Surtout la mienne.

Le bruit du silence

Puis vous mettez le contact. C’est alors que vous prenez conscience que la voiture ne démarre pas. Ou elle ne démarre pas ou alors elle fait moins de bruit qu’une voiture électrique. En ce qui me concerne, je suis quand même sorti pour écouter le bruit du moteur, histoire d’être sûr. Il tournait, mais on le confirmait plus au toucher, en sentant les vibrations discrètes de l’immense moteur sous l’immense capot, qu’au bruit.

Alors vous partez les cheveux au vent – oui parce que la Rolls-Royce Dawn est un cabriolet et que même si elle est superbe fermée ou ouverte, un cabriolet, ça roule ouvert. Et c’est là que c’est fabuleux parce que tout est tellement bien fait, que même ouvert on n’entend rien. Ou presque.

Un petit porte-avions

Une fois que l’on s’est habitué à la taille imposante du véhicule – les gens s’écartent en vous regardant passer –, la Rolls-Royce est étonnamment facile à conduire. Le moteur V12 offre toute sa souplesse et sa puissance, mais en toute discrétion. Par contre, quand vous vous déplacez là-dedans, tout le monde vous regarde. Dans le regard des gens, on peut y lire l’interrogation, on se demande si vous êtes un rappeur ou le patron d’une startup tout juste cotée en bourse. En ce qui me concerne je n’étais ni l’un ni l’autre, mais durant un instant je me suis pris pour quelqu’un d’autre. Un moment de rêve, hors du temps.

Malgré tout le luxe embarqué, mon meilleur souvenir c’est le «Spirit of Ecstasy», statuette mascotte de la marque, qui rentre et qui sort en appuyant sur un bouton dans l’habitacle en ronce de noyer. Dedans, dehors, dedans, dehors. Définitivement, je ne serai plus le même. Vivement la prochaine.

* Cofondateur de bitume.ch


Fiche technique:

Puissance: 571 CV

Chevaux fiscaux: 50 CV

Moteur: V12 6,6 l

Boîte: Automatique 8 rapports

0 à 100 km/h: 5 secondes

Vitesse max: 250 km/h

Poids à vide: 2500 kg

Consommation mixte: 14 l

Thomas Veillet*

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