Chantal De Senger

JOURNALISTE

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

Arrêtons d’avoir peur!

Pour la première fois, la Confédération prend des décisions qu’elle impose. C’est troublant, dans notre démocratie

Arrêtons d’avoir peur ! 

Avec quelques semaines de recul, on aperçoit que cette crise a fait paraître deux camps. Ceux qui alimentent la peur et qui s’y contentent. Et les autres qui relativisent la situation car ils ont compris qu’ils ne mourront pas du Covid 19, conscients que les probabilités de succomber un jour à une autre maladie ou à un accident sont infiniment plus élevées. 

D’où vient alors cette peur généralisée et irrationnelle au sein d’une grande majorité de la population et des autorités ?  De ce manque d’autosuggestion, de sens critique, de résilience individuelle, notamment de la très grande majorité de la population qui n’a pas été touchée directement par la maladie ? Certes, les médias sont en partie responsables de cette psychose en martelant quotidiennement depuis trois mois le nombre de malades et de morts liés au coronavirus. Il faut relever que jamais dans l’histoire, nos sociétés ont fait le décompte quotidien des morts dus au cancer, aux maladies cardiovasculaires, à la démence ou encore des femmes tuées sous les coups de leur conjoint. Rien non plus sur les 10 millions de décès par an dus à la faim. 

Comment comprendre alors ces mesures politiques devenues liberticides depuis trois mois ? Car, en effet,  la seule et véritable inquiétude que nous devons tous avoir, ce n’est pas de tomber malade, mais bien des conséquences qu’engendrent cette peur entrainant des normes sanitaires délirantes : interdiction d’embrasser ses parents et ses proches. Défense de faire du sport. Eloignement social. Personnes âgées qui ne peuvent plus sortir sans craindre des remarques.  Restaurateurs et autres commerçants pourvus de masques, visières et gants durant leur travail. Des conséquences économiques, sociales et politiques incommensurables que nous subirons durant des années suite au shut down. De l’Etat de plus en plus interventionniste et de sa volonté de traçage des citoyens. Des délations, des insultes et des amendes infligées aux individus qui prennent l’air à plusieurs ou un peu trop loin de chez eux. Alors que pendant ce temps des pays comme l’Italie libèrent des criminels pour des raisons sanitaires.  Des futures conséquences du confinement sur la santé physique et mentale. D’un monde de l’absurde qui se profile. Pire, d’un univers orwellien qui se concrétise.

Certes, beaucoup de nos comportements vont devoir changer. Pour sauver la planète en premier lieu. Consommer de manière plus sobre, plus solidaire, plus intelligente surtout. Développer le bon sens. Nos modes de vie, nos rapports sociaux doivent définitivement être remis en question. Il est cependant indispensable de garder nos libertés fondamentales et notre légèreté de vivre. Car pour la première fois, la Confédération prend des décisions qu’elle impose. C’est troublant dans une démocratie comme la Suisse qui fonctionne  au rythme des consultations et des référendums. N’acceptons pas de politique liberticide, ni l’annihilation de nos droits sous prétexte de la peur.  Car même si l'obéissance à une autorité est l’un des fondements de toute société, elle devient dangereuse lorsqu’elle entre en conflit avec la conscience de l’individu. Ainsi, ce qui est dangereux est l’obéissance aveugle. C’est ce qu’a prouvé l’expérience de Stanley Milgram : ne tombons pas dans l’état agentique. L’homme est un être social mais cela ne l’empêche pas d’avoir besoin d’une certaine autonomie ! Résistons à la tentation autoritaire au nom de ce virus afin de préserver nos libertés si chèrement conquises ! Car personnellement, je n’ai pas envie d’un monde confiné à l’atmosphère pesante entouré de marionnettes cachées derrière des masques sous prétexte sanitaire! Et vous ?

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