Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Emma Lavigne quitte à Paris le Palais de Tokyo afin de diriger la Fondation Pinault

La spécialiste d'art contemporain aura à peine été deux ans en poste. Le jeu des chaises musicales tourne aujourd'hui au délire en France.

Emma Lavigne et un tableau d'Yves Klein.

Crédits: Jean-Christophe Verhaeghen, AFP.

Si ce n’était pas hier, cela remonte tout de même à avant-hier. En septembre 2019, je vous annonçais qu’Emma Lavigne quittait la tête de Pompidou-Metz pour diriger à Paris le Palais de Tokyo. La Versaillaise n’y aura pas fait de vieux os. Le 13 septembre 2021, François Pinault annonçait qu’il avait choisi cette femme de 53 ans pour s’occuper de sa fondation. Elle prendra le 1er novembre la place de Jean-Jacques Ailllagon, qui n’aura cessé de jouer lui-même les voltigeurs en passant (apparemment sans états d’âme) d’un poste prestigieux au suivant.

Emma fait également partie de ces gens qu’on finit par retrouver partout, comme si la France des élites se résumait à un immense jeu de chaises musicales. On a connu cette spécialiste de l’art contemporain à la Cité de la Musique, au Musée des beaux-arts de Montréal, à la Biennale de Lyon, puis au Centre Pompidou. De là, cette bonne élève n’a eu qu’un saut en TGV à faire pour se retrouver à Pompidou-Metz. Elle y a du reste fait du bon travail. Mais les lumières de Paris ont joué leur rôle, et la brillante dame s’est retrouvée pilotant le Palais de Tokyo. Je vous ai récemment parlé de l’énorme exposition Anne Imhof qui se déroule là dans tous les espaces disponibles.

Une affaire de réseau

Chez François Pinault, qui commence son communiqué en la remerciant d’avoir accepté de poste, Emma s’occupera de la Bourse du Commerce. Je vous ai avoué à quel point ce lieu, par ailleurs architecturalement magnifique, me laissait septique. Il lui faudra aussi collaborer avec Bruno Racine (un autre premier de classe), qui s’occupe à Venise du Palazzo Grassi et de la Punta della Dogana. Pour tout dire, il m’a semblé lire entre les lignes que ce dernier se trouverait en fait pris sous son aile. La directrice devra en plus tisser des liens, en partie grâce à son réseau personnel, entre la Fondation et les autres musées. Elle devrait ainsi faire «rayonner» l’activité du nouveau Roi Soleil. J’ai nommé François Pinault.

Souhaitons juste que l’historienne ne change pas encore une fois de poste avant que son œuvre devienne visible du côté de la rue du Louvre. L’agitation culturelle française me semble en effet extrême en ce moment et, pour tout dire, un peu brouillonne. Christophe Leribault va ainsi quitter le Petit Palais pour Orsay. Je vous en parle une case plus haut dans le déroulé de cette chronique.

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