Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

La maison-atelier du peintre Albert Anker à Anet va se voir transformée en musée

L'ouverture est prévue pour 2023. La famille participe à l'entreprise, qui coûtera 5,4 millions. Un nouvel édifice se construira près de la ferme ancienne.

La maison. Etat actuel.

Crédits: Centre culturel Albert Anker.

Un musée de plus en Suisse! Fondée en 1994, la Fondation Maison Albert Anker, qui se trouve bien sûr à Anet (ou en allemand Ins) dans le canton de Berne, vient d’annoncer la nouvelle. Le lieu, resté tel quel depuis la disparition du peintre en 1910, deviendra visitable dès 1923. Il y a aura d’ici là de gros travaux coûtant cher, puisque nous sommes en Suisse. En grande partie privé, le financement n’est pas encore tout à fait bouclé. Il faut réunir 5,4 millions. La famille, qui vit dans le culte de l’ancêtre, avance une partie de l’argent. Il y aura des mécènes et partenaires, certaines discussions restant en cours. Le secteur public fera l’appoint.

Albert Anker âgé. Photo DR.

Le musée se verra bien sûr avant tout formé de la maison transformée par le peintre en atelier. Né en 1831, Anker y travaillait d’abord l’été seulement, l’hiver étant passé à Paris. Il y vivra en continu de 1890 à sa mort. C’est là qu’il a produit ses tableaux, puis ses innombrables aquarelles. Un genre auquel l’avait condamné une attaque physique lui ayant laissé des séquelles. Cette ferme lui venait de son grand-père, qui l’avait fait bâtir en 1803. Rudolf Anker était vétérinaire, comme le deviendra par la suite son fils. Un autre édifice devrait se construire sur la propriété d’ici 2023, le début des travaux étant prévus pour 2022. Il faudra n effet un second lieu qui ne soit pas momifié en l’état, mais permettant la réception du public, une exposition permanente et du temporaire. Présidé par Roger de Watteville (un nom bien bernois!), un comité s’occupe de cela.

Une ferveur qui diminue

Cette création tardive mérite deux réflexions. La première est que cela fera un musée supplémentaire en Suisse, où la densité de telles institutions bat le record du monde avec un par 40 kilomètres carrés. C’est beaucoup. Sans doute même trop. L’autre impression est que le Centre culturel Albert Anker arrive alors que la ferveur vouée au peintre diminue. Je me souviens d’avoir vu, il y a une trentaine d’années, la rétrospective organisée à Anet. La fille d’attente traversait le village. Il y a eu depuis les records en vente publiques chez Koller à Zurich ou Dobiaschofsky à Berne. Des amateurs suisses fortunés, dont bien sûr l’ex-conseiller fédéral Christophe Blocher, s’y battaient à coups de millions. Les prix ont notablement baissé ces derniers temps, alors que passent les générations. Anker nous ramène à une vision assez sucrée de la paysannerie au XIXe siècle. Il y a en plus chez lui un côté répétitif. La dernière exposition au Kunstmuseum de Berne, en 2010 (elle marquait les cent ans de la mort du peintre) a certes connu une belle fréquentation. Mais cette dernière restait raisonnable. Alors quid d’une maison-musée située loin des circuits touristiques?

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