Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Le MCB-a de Lausanne publie son "rapport d'activités" 2019. Une bonne année!

Inaugurations dans les temps. Succès publics. Accroissements des collections par des dons ou des dépôts. Le tout réalisé avec une équipe d'une taille raisonnable.

Une vue de l'exposition inaugurale, "Atlas, une cartographie du don"

Crédits: Site du MCB-a.

«On a eu de la chance avec le temps.» La petite phrase figure en bleu sur un tableau blanc de Christian Robert-Tissot, avec qui j’ai récemment eu entretien paru dans ces colonnes. Elle se retrouve ici en couverture du «rapport d’activités» du Musée cantonal des beaux-arts lausannois pour 2019. Il est permis de penser que l’institution a effectivement été vernie pour sa réouverture, ce qui semble bon quand on montre des tableaux. Toutes les inaugurations se seront faites avant le confinement. Celles de 2020 auront même pu se voir reprises par la suite. L’Hermitage vaudois ne peut hélas pas en dire autant…

«On doit rendre des comptes.» «C’est écrit noir sur blanc.» Ces sentences de grand’mère (qui ne figurent pas dans le rapport) dénotent une saine gestion. Ce n’est pas à Genève qu’on vous mettrait comme cela les écritures comptables sous le nez. Tout le monde peut de plus en bénéficier. Si la brochure de 60 pages ne se voit tirée qu’à 2500 exemplaires, envoyés à un public choisi, le tout figure sur www.mcba.ch J’y vois le choix de la clarté et de la confiance. Le fait aussi que le MCB-a peut présenter des résultats honorables. Tout a bien été lors du déplacement de la Riponne à Plateforme10. Un récit en est d’ailleurs fait sous le titre de «Avril-septembre: 183 jours pour déménager». Le budget d’acquisition a pour sa part été sagement dépensé. La confiance dans la direction du musée se retrouve par ailleurs illustrée grâce au nombre de dons et de dépôts. Il est entré 268 numéros en 2019 (1).

Les collections comme base

Cet accroissement indique aussi une chose. A l’heure où de nombreux musées se soucient comme d’une guigne des collections, préférant de toute évidence un lieu sans objets qui tiendrait plutôt du forum de discussion (un forum «citoyen», of course!), le fonds garde ici sa pertinence fondamentale. La preuve en est le nouvel accrochage "permanent", qui tient la route. Un premier choix qui sera suivi d’autres par la suite, même si le MCB-a ne possède aujourd’hui en tout que 10 621œuvres. Une paille par rapport aux 650 000 que détiendrait le MAH genevois, réparti dans de nombreux dépôts souvent loués à prix d’or.

Une dernière indication, que j’ai piochée à la page 52. Le MCB-a bénéficie d'une petite équipe par rapport à l’aune genevoise. Peu de gens à temps complet, en plus. J’ai compté 38 postes, plus 13 auxiliaires. Quatre-vingt neuf contrats au total. Tout cela pour organiser, outre le travail routinier et quotidien de base, onze expositions par an contre deux ou trois prévues par les (pluriel) Musée d’art et d’histoire à Genève cette année. Inutile de préciser que notre Ville ne publie guère ce genre de brochures. Elles feraient un peu désordre...

(1) Parmi les entrées, j'ai noté sous forme de dons, une large suite de dessins de René Victor Auberjonois. Et passé cent dessins, aquarelles (plus un grand tableau inachevé) de Balthus. Un dépôt à long terme, cette fois. 

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