Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

L'Hôtel Drouot a connu à Paris sa première vente de Pokemon de collection

Ce fut un demi succès pour Vermot & Associés, mais la machine est en marche. Elle a déjà pris de la vitesse aux Etats-Unis pendant le confinement.

Tout devient objet de collection, quand on a vieilli.

Crédits: DR.

Cela devait arriver. La chose vient donc de se passer. L’Hôtel Drouot, à Paris, a connu le jeudi 10 juin 2021 sa première vente entièrement consacrée aux Pokemon de collection. La maison Vermot (comme l’almanach du même nom) & Associés proposait d’un coup 125 lots. Le tout a rapporté 44 000 euros, frais compris. C’est peu, mais il s’agit là d’un ballon d’essai en France. Aux Etats-Unis certaines effigies de Florizzare, Dracafeu, Raichu et bien sûr Pikachu atteignent déjà des cotes très élevées. Le confinement a accéléré le mouvement. Au lieu de fréquenter des brocantes, les amateurs se sont mis à enchérir sur des sites, entrant ainsi en compétition. Comme l’explique l’expert de Vermot, Florian Bourguet, nous sommes du coup entrés dans un spirale ascendante. Les milléniums argentés complètent leur collection, ou forment celle dont il rêvaient dans leur enfance vers 2000. Les moins gâtés par la fortune, eux, vendent ce qui reste dans leurs armoires. Ils alimentent ainsi un marché en peine expansion, comme celui du jeu vidéo «vintage».

Gros lot au rabais

Toutes les pièces ne présentent bien sûr pas le même intérêt pour les amateurs. La plupart de celles proposées à Drouot ne valaient ainsi selon les estimations pas plus que 100 euros, et elles n’ont au final pas réalisé davantage. Mais il existe aussi les vrais «collector’s». Ils se caractérisent par l’âge, l’état et bien entendu la rareté. Le «top» était ainsi la semaine dernière un exceptionnel Dracafeu de 1999. Vermot en espérait entre 8000 et 12 000 euros, ce qui peut sembler beaucoup d’argent. Mais pensez aux prix de certaines BD! Paris ne semble pas encore mûr pour ce genre de facturation. Le Dracafeu est certes parti, mais au prix d’amis de 7800 euros.

On verra par la suite. Mais il ne faut pas oublier que le marché actuel, qu’il aille de celui de la voiture de course aux souvenirs de Beatles, s’adresse en bonne partie à de vieux enfants ou à d’éternels adolescents. Sans parler des «fans». Songez aux records régulièrement battus par certaines paires de «sneakers», neuves ou portées un jour par une star. Mais nous sortons ici gaillardement à mon avis du marché de l’art...

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Merci de votre inscription
Ups, l'inscription n'a pas fonctionné
Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."