Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Monument transformé. Un hôtel cinq étoiles a ouvert à Versailles tout près du parc

Un hôtel particulier de Mansart déserté par l'armée connaît une nouvelle vie. Les tarifs du "Grand Contrôle" se révèlent plutôt musclés.

Dans l'une des chambres.

Crédits: Le Grand Contrôle, Versailles 2021.

Les gens ne rêvent plus tant que ça d’une vie de château. Du moins pas à plein temps. Le séjour ne devrait durer aujourd’hui que quelques jours au maximum. Dans ce cas, pas de problème! La France vient de se doter d’un nouveau cinq étoiles. «Le Grand Contrôle» a ouvert à Versailles le 1er juin dernier au 12, rue de l’Indépendance-Américaine. L’établissement l’a fait avec une bonne année de retard. Je suppose que vous avez compris pourquoi.

Doté de quatorze chambres à peine (mais avec un spa, nous sommes tout de même au XXIe siècle!), l’hôtel doit son nom à l’une de ses anciennes affectations. En 1681, le bâtiment a été construit sur les plans du grand Jules Hardouin-Mansart (Hardouin était son vrai nom de famille), qui travaillait tout près pour Louis XIV. C’était une commande du duc de Beauvilliers, mort en 1714. Après sa disparition, il a été acquis pour le Contrôle des finances, souvent désastreuses, de la royauté. Il a fini bien après en apanage au Ministère de la guerre. Les militaires, on le sait, se révèlent difficiles à déloger. Des officiers ont ainsi conservé leur cantine ici jusqu’en 2006. C’est tard. Depuis, l’édifice semblait abandonné. Il s’agit donc aujourd’hui d’un sauvetage, entrepris sous la direction de l’architecte Christophe Tollemer.

Meubles d'époque

«Le Grand Contrôle» ne se trouve pas directement dans le parc de Versailles tout de même. Mais il en est limitrophe. En regardant la carte, je l’ai vu à la limite de la ville, de l'Orangerie et de l'énorme Pièce d’eau des Suisses. Pas étonnant que sa direction actuelle (tapez www.airelles.com) propose une «expérience d’exception». Les chambres sont pourvues de meubles anciens restaurés, qui ne s’en verront pas moins soumis à rude épreuve. La gastronomie, toute moderne, s’est en revanche vue confiée à Alain Ducasse. Le chef a déployé là une de ses nouvelles tentacules. Quant au confort, il semble bien clair que ni Louis XIV, ni le duc de Beauvilliers n’en ont jamais bénéficié de pareil.

La presse française autre que celle du luxe, cette nouvelle obsession, n’a guère parlé de cette inauguration. Elle s’était déjà montrée fort discrète il y a quelques années sur la réouverture du Ritz, place Vendôme. Il s’agit sans doute de ne pas trop fâcher. J’ai donc paradoxalement trouvé la nouvelle dans «La Stampa» turinoise. J’ai aussi appris du coup les tarifs pratiqués, sur lesquels le site du «Grand Contrôle» ne s’étend pas en premier lieu. Il y aurait des chambres à partir de 1700 euros la nuit. A ce prix-là, vous avez intérêt à souffrir d’insomnies!

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