Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

Musée d'art et d'histoire de Genève. Une polémique, une démission et des histoires à suivre

Christian Rümelin, patron du Cabinet des arts graphiques, part pour l'Allemagne. La nomination du directeur continue à faire des vagues. Le MAH reste le feuilleton de l'année.

L'affiche du musée, version jaune vif. Il y a aussi le rose et le vert.

Crédits: MAH, Genève 2021.

Boum boum badaboum. Voici les dernières nouvelles du front, côté Musée d’art et d’histoire (MAH) genevois. Je reste bien incapable de vous dire si Marc-Olivier Wahler, alias MOW, sera confirmé ou non dans ses fonctions par notre magistrat. Sami Kanaan couvre pour le moment de son aile protectrice le directeur qui lui a été suggéré en 2019. Le chef municipal de la culture ne doit prendre sa décision finale qu’en novembre. Autant dire que de l’eau rhodanienne peut encore passer sous les ponts. Depuis l’annonce d’une première pétition contre MOW, je me suis abstenu de rouvrir avec vous ce chapitre un peu douloureux. Sachez cependant que les architectes, les archéologues, les historiens de l’art et les historiens tout court se sont beaucoup agités depuis quelques semaines. Il s’agissait pour eux de maintenir la pression, et de ne surtout pas quitter la scène publique.

Evidemment, une contre-attaque s’est dessinée. Sami Kanaan et MOW ont insinué que les pétitionnaires étaient de vieux barbons et de vieilles barbonnes. Tous des retraités. Autant dire des gens n’ayant plus guère voix au chapitre. Des «croulants», aurait-on dit dans les années 1960. Avec une lettre ouverte publiée par «Le Courrier», Barbara Roth-Lochner s’est chargée de remettre les pendules à l’heure, puisqu’il est ici affaire du temps qui passe. Les adversaires de MOW ne sont pas plus âgés que les auteurs de la «feuille de route» conçue pour le MAH. Jacques Hainard a en effet 78 ans et Roger Mayou (dont l’historienne est parvenue à retrouver l’âge bien caché) compte 67 printemps. A 57 ans, Marc-Olivier Wahler n’est lui-même plus le perdreau de l’année. Quant à son prochain commissaire d’exposition Jean-Hubert Martin, qui doit tout révolutionner en 2022, il en totalise 77. L’âge où l’on cesse selon les anciennes publicité de lire «Tintin», «le journal des 7 à 77 ans».

Départ inattendu

Cette mise à jour des derniers épisodes m’amène à l’affaire du jour. Du moins à celle du mardi 7 septembre. Il s’agit cette fois d’une démission. Christian Rümelin, qui dirigeait depuis quatorze ans le Cabinet des Arts graphiques, né de la fusion bien involontaire de celui des Estampes et de celui des Dessins, s’en va. Il a communiqué son intention à MOW quelques heures avant le texto envoyé à ses ex-collègues. A la surprise générale, l’homme (qui n’a guère fait l’unanimité) s’est trouvé un poste dans une institution germanique. Laquelle? Mystère. Rümelin ne le dit pas. Il ne faut pas tout révéler d’un coup. On sait juste que l’institution en question se situe en Allemagne, et qu’elle est «davantage tournée vers l’histoire culturelle». Pour l’ex-conservateur, il s’agissait d’une «opportunité inattendue». Mais à saisir, apparemment. Il est cependant clair que l’homme continuera son travail à Genève «au moins jusqu’à la fin de l’année». Son courriel déborde en effet de sentiments amicaux pour le personnel du MAH. Après tout, pourquoi pas?

Reste encore à savoir qui le remplacera. L’équipe autour de lui s’est singulièrement dégarnie au gré des sauts d’humeur du monsieur. Certains de ses collaborateurs ont ainsi demandé l’asile politique ailleurs dans la maison. Notez que doit toujours demeurer auprès de lui Bénédicte de Donker, ex-conservatrice des arts décoratifs un peu dégradée. La vie n’est pas un long fleuve tranquille du côté du 2, rue Charles-Galland. Et cela même si le personnel fonctionnarisé reste aussi inamovible que les Pyramides d’Egypte.

La suite au prochain épisode.

P.S. Pendant que j’y pense, le projet d’une exposition commune entre le MAD (ex-Musée des arts décoratifs) parisien et le MAH ne décolle pas. L’idée d’Olivier Gabet, directeur du MAD depuis 2013, était d’unir les forces des deux musées pour présenter au public de manière complète le dinandier Art Déco genevois Jean Dunand (1877-1942). Les mails d’Olivier Gabet sont cependant restés sans réponse du MAH, et il se fait tard.

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