Jean Charles Estoppey

MÉDECIN ET VIGNERON, MEMBRE DE TERRES DE LAVAUX À LUTRY

Après obtention d’une maturité fédérale en 1970 au gymnase de la Cité à Lausanne, Jean-Charles Estoppey obtient son diplôme de médecin à l'Université de Lausanne en 1977. Installé comme médecin de famille à Cully en 1983, il exerce désormais cette activité à 60% du temps. Depuis 1992, il a en effet partiellement repris le domaine viticole familial à Lutry, l'agrandissant progressivement, modernisant les modes de culture de la vigne, adhérant aux principes de la viticulture intégrée, élargissant l’encépagement. De 2000 à 2020, il a présidé Terres de Lavaux à Lutry, avec notamment l'instauration d’une démarche qualité très incitative pour les vignerons, des changements majeurs au niveau de l’image de l’entreprise, une stratégie axée sur la clientèle privée et la restauration, et dès 2013 la mise en pratique d’un concept de viticulture biologique adaptative, non dogmatique et évolutive en fonction des connaissances les plus récentes.

L’Etat interdit de travailler, il doit payer et vite.

La situation de très nombreux secteurs économiques est vraiment critique, surtout depuis les récentes nouvelles mesures restrictives, justifiées selon les autorités par la 2ème vague de la pandémie de coronavirus et le souci de préserver le fonctionnement des systèmes de santé. L’hôtellerie-restauration notamment souffre énormément avec l’effet domino sur de nombreuses activités qui en dépendent en totalité ou en partie, comme tous les fournisseurs de boissons, de légumes et de fruits, de produits laitiers et de viande, les services de livraison, de nettoyage et j’en passe.

Et sans parler de tout le secteur artistique et évènementiel complètement à l’arrêt forcé avec ce que cela implique de drames humains pour de très nombreux métiers déjà souvent aléatoires et précaires.

Un exemple concret :

Le monde des entreprises viti-vinicoles dans lequel le sous-signé est très engagé, est impacté à plusieurs niveaux. Mise à l’arrêt des contacts et livraisons dans les hôtels-restaurants et donc chômage technique pour les employés concernés, retards attendus dans le paiement des factures, donc accentuation des difficultés de trésorerie, interdiction des soirées à thème, des «events» de toutes natures, des réceptions de groupes avec là aussi chômage technique des personnes chargées de ces activités essentielles pour se différencier des grandes surfaces, etc.

Certaines mesures sont certainement justifiées comme les interdictions de rassemblements importants de personnes. Par contre, la fermeture des restaurants ne se justifie aucunement vu les restrictions imposées (identités exigées, tables de 4 personnes au maximum, désinfection des mains contrôlée à l’entrée et à la sortie, service à table uniquement, masque dans tous les déplacements à l’intérieur). Ce ne sont en aucun cas des foyers de dissémination significatifs dans ces strictes conditions.

Non seulement cette fermeture ne sert à rien mais aussi elle prive toute la population du seul moyen de retrouver un minimum de convivialité et de partage, ce qui a un effet négatif considérable sur le moral global des gens.

Et les conséquences financières sont majeures et risquent de donner le coup de grâce à de nombreuses entreprises déjà fortement fragilisées par la 1ère vague du printemps.

Et pendant ce temps, les autorités politiques au niveau fédéral tergiversent, discutent de mesures d’aide partielle et pas avant la fin de l’année… Les Cantons, notamment celui de Vaud, sont plus réactifs mais avec des montants d’aide très largement insuffisants vu le nombre d’entreprises concernées.

L’Etat interdit aux gens de travailler, c’est donc à lui d’en assumer les conséquences financières en ouvrant largement sa bourse, immédiatement, sans bureaucratie comme on a vu que c’était possible au printemps. L’urgence est tout aussi grande aujourd’hui, avec les RHT à réactiver comme au printemps, des prêts sans intérêt à rembourser un jour peut-être… ou pas.

Si ces aides n’arrivent pas tout de suite, le coût social (chômage, aide sociale) sera beaucoup plus important dans les mois qui viennent. Faire survivre les structures en place est beaucoup plus logique et financièrement moins coûteux que de laisser détruire le tissu économique de pans entiers de notre société.

On ose espérer que si nos deux conseillers fédéraux en charge de ces problèmes, MM. Maurer et Parmelin, ne sont pas à la hauteur de la situation, leurs collègues du Conseil Fédéral et le Parlement, plus au fait des réalités actuelles vécues par tant de nos concitoyens, sauront les convaincre d’agir de suite !

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