Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix BZ du journalisme local 1991, Prix Jean Dumur 1998, AgroPrix 2005 et 2019.

Après la crise sanitaire, quelles réformes?

Cette pandémie est aussi une nouvelle illustration du coût élevé de la santé en comparaison internationale

La pandémie qui s’est abattue sur la Suisse permettra de tirer de nombreux enseignements sur notre système de santé. D’abord, le système fédéraliste où chaque canton gère lui-même son offre de prestations est-il encore adapté aux besoins des patients? Dans le domaine hospitalier, la Suisse compte un nombre trop élevé d’établissements de soins aigus et dont le niveau de qualité diffère d’un site à l’autre. Alors que la législation fédérale prévoit une coordination intercantonale, les cantons se livrent souvent à une rude concurrence. L’ouverture récente de l’Hôpital Riviera-Chablais à Rennaz et la décision de Glaris, Saint-Gall, des Grisons et des deux cantons d’Appenzell de planifier leur offre sur une base suprarégionale montrent cependant que les mentalités évoluent.

Former davantage d’infirmières

Se posent ensuite la question de la formation du personnel de santé et celle de l’approvisionnement en produits pharmaceutiques et en matériel médical. Des hôpitaux peuvent-ils dépendre autant de l’étranger pour faire fonctionner leurs services? Pourquoi la Suisse ne parvient-elle pas à pousser davantage de jeunes à se lancer dans la profession d’infirmière et d’infirmier? La Confédération peut-elle encourager les acteurs à rapatrier la production de certains principes actifs sur le territoire national et favoriser la fabrication de dispositifs médicaux et d’articles d’hygiène sous la forme d’un partenariat public/privé pour faire face à un événement imprévu?

Cette pandémie est aussi une nouvelle illustration du coût élevé de la santé en comparaison internationale. Le test de dépistage du Covid-19 coûte 180 francs en Suisse contre 54 euros (environ 57 francs) chez nos voisins français. Sur indication médicale, l’analyse est certes remboursée par l’assurance obligatoire des soins, mais la participation aux frais (franchise et quote-part) est due, comme pour toutes les autres maladies. Autrement dit, le test est à la charge du patient en fonction de la franchise souscrite.

Selon l’OCDE, les prix du même assortiment de produits et services dans le secteur de la santé sont les plus hauts en Suisse. Ils sont même deux fois supérieurs qu’en Allemagne et qu’en France. Ce surcoût, c’est le patient qui le paie par le biais des primes et des contributions dites «out of pocket». Avec 65% des coûts de la santé à sa charge, la population helvétique en supporte une part beaucoup plus élevée qu’à l’étranger. Faute de réformes d’envergure, le système de santé est devenu trop cher pour les ménages. Etranglés par les primes et les dépenses, ils n’ont plus les capacités de le financer.

Aujourd’hui, la priorité est évidemment de soigner les malades touchés par la pandémie. Une fois la crise surmontée, il sera temps d’agir.

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