Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

Ces élus qui défendent des intérêts particuliers

Le parlement refuse toute mesure d’extension des prescriptions en matière de transparence

Le visage du Parlement issu des élections fédérales du 20 octobre est connu, à l’exception d’une vingtaine de sièges encore en ballotage pour le renouvellement du Conseil des Etats. Avec la poussée des Verts et des Vert’libéraux, le Conseil national penchera désormais plus à gauche au cours de la prochaine législature. Avec le PDC comme formation pivot, la Chambre des cantons jouera comme par le passé un rôle décisif pour tenter de parvenir à des compromis.

Un autre combat commence dès maintenant. Très actives pendant la campagne électorale pour soutenir leurs candidats, les organisations économiques et professionnelles et autres associations tenteront désormais de placer leurs élus dans les commissions phares du Parlement, par exemple dans celle de l’économie et des redevances. Pour les divers lobbies, l’enjeu est capital. C’est en effet en leur sein que se concoctent les législations avant qu’elles ne soient débattues au plénum.

Autrement dit, les élus défendent davantage des intérêts particuliers auxquels ils sont redevables que l’intérêt commun. «Dans un système de milice, le meilleur moyen d’être influent est d’avoir un représentant aux Chambres fédérales», n’hésite pas à affirmer le conseiller national démocrate-chrétien Dominique de Buman (il ne s’est pas représenté).

Dans les prochaines semaines, de nouvelles portes s’ouvriront aux parlementaires récemment élus. Ils seront cooptés par divers groupes d’intérêts pour influer sur les décisions susceptibles de les affecter. Combien rapportent un emploi dans une organisation, un siège au sein d’un conseil d’administration, un poste de direction ou encore d’autres mandats privés? Rares sont les conseillers nationaux et aux Etats qui divulguent leur rémunération. Cette opacité s’ajoute à celle des activités des lobbyistes qui entrent sous la Coupole fédérale avec une carte d’accès octroyée par un député. Les Chambres refusent depuis plusieurs années toute mesure prévoyant une extension des prescriptions en matière de transparence.

Le financement des partis politiques, des campagnes électorales et de votation est également obscur. Les montants dépensés ces derniers mois n’ont jamais été aussi élevés pour des élections fédérales, mais l’origine des fonds repose sur une déclaration volontaire. Le Greco (Groupe d’Etats contre la corruption) critique régulièrement ce flou. Il constate que la Suisse ne respecte pas ou que partiellement ses recommandations pour une politique transparente.

Dans une démocratie semi-directe, la transparence devrait pourtant constituer une vertu cardinale. Il en va de la confiance des citoyens envers leurs représentants sous la Coupole fédérale et à l’égard des institutions, ainsi que du respect des élus vis-à-vis du corps électoral.

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