Jean Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix BZ du journalisme local 1991, Prix Jean Dumur 1998, AgroPrix 2005 et 2019.

L’UDC baffée dans les urnes

L’UDC a essuyé deux cuisantes défaites dans les urnes. Selon les résultats définitifs, l’initiative dite de limitation visant à dénoncer l’accord sur la libre-circulation des personnes entre la Suisse et l’Union européenne est largement rejetée (non: 61,7%), alors que le congé paternité est plébiscité par les citoyens (oui: 60,3%). Depuis quelques années, l’UDC ne parvient plus à gagner. L’opinion est lassée des combats d’arrière-garde menés par le parti national-conservateur. Attiser les peurs ne paie plus.

Dans un environnement économique déjà difficile et rendu peu prévisible par la pandémie de coronavirus, les citoyens n’ont pas voulu accroître les incertitudes en risquant de mettre en danger les accords bilatéraux avec nos voisins, dont l’avantage principal est de permettre aux entreprises suisses de s’intégrer dans un marché de 450 millions de consommateurs.

Le thème de l’immigration et de la crainte d’une Suisse à dix millions d’habitants ne convainc plus. Une immigration qui s’avèrera d’ailleurs toujours plus indispensable dans un contexte démographique à hauts risques. D’un côté, le nombre de personnes de moins de 18 ans sera, pour la première fois dans l’histoire, inférieur à celui des personnes de plus de 65 ans. De l’autre, environ 1,1 million de travailleurs de la génération des baby-boomers quitteront leur activité entre 2020 et 2029.

Avec la prévoyance-vieillesse et le climat, la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle est devenue un thème majeur. Pour ne pas l’avoir compris, l’UDC, qui est divisée sur ce thème, a perdu le référendum lancé contre le congé paternité accepté par les chambres fédérales. D’une durée de deux semaines contre un à deux jours actuellement, celui-ci est pourtant largement inférieur aux dispositions en vigueur à l’étranger. Financé à la fois par l’employé et par l’employeur via le régime des allocations pour perte de gain, son coût (il est estimé à 230 millions de francs) n’a pas été jugé rédhibitoire par les citoyens.

Comme l’ont montré les résultats des élections fédérales de 2018 marquées par un rajeunissement du Parlement, une percée historique des femmes et une vague verte, la Suisse change. Une mutation qui se lit aussi dans l’issue des scrutins populaires.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."