Mary Vacharidis

JOURNALISTE

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

Préretraites: vive la solidarité!

Il faut développer des modèles (temps partiel, retraites progressives, etc.) qui correspondent au mieux aux besoins

Le coronavirus a plongé la Suisse dans une situation inédite qui nous force à réfléchir à nos valeurs les plus importantes. L’une d’entre elles est certainement la solidarité. La crise du Covid-19 n’aura pas été vaine si nous conservons par la suite à l’esprit son rôle de fondement social. Comme il est écrit dans le préambule de la Constitution fédérale de la Confédération suisse: «La force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres.» Tout comme dans la lutte contre la pandémie, ce principe s’avère essentiel pour une refonte constructive et équitable du système de retraite. On le sait, l’allongement de la durée de vie et la baisse des rendements financiers mettent en danger la pérennité de notre prévoyance sociale. Et la préretraite doit rester une possibilité offerte au plus grand nombre. Pour les métiers à forte pénibilité, la retraite anticipée est un droit que l’on ne peut remettre en question. La possibilité d’avancer le terme de sa vie professionnelle à 58 ans se révèle aussi une opportunité précieuse de se réinventer, de lancer de nouveaux projets ou simplement de profiter de la vie, pour des seniors encore en pleine forme. Le problème, c’est que les ressources manquent. Dit comme ça, une réforme des retraites a tout de la quadrature du cercle.

«On peut difficilement maintenir le niveau des rentes sans se montrer créatif», disait dans Le Temps le conseiller fédéral Alain Berset, chef du Département fédéral de l’intérieur. Le socialiste fribourgeois se trouve décidément au front sur les sujets chauds, retraites autant que Covid-19. Dans le registre de la créativité, une étude signée par le Credit Suisse Research Institute prône de nouvelles formes de travail qui incluent la formation continue, afin de faciliter la transition vers une vie active plus longue. Les experts écrivent: «Le système de retraite doit répondre aux besoins d’un groupe de travailleurs de plus en plus hétérogène. Le défi est de rendre le prolongement de la vie active plus attrayant.»

S’adapter aux besoins individuels

De toute évidence, l’âge de la retraite sera repoussé, n’en déplaise aux syndicats. Reste à trouver un consensus sur le tribut que vont devoir payer les uns et les autres. Une flexibilisation de la vie active entre 62 et 70 ans repose quant à elle sur la libre volonté de chaque citoyen. Les recherches montrent que nombre de Suisses souhaitent continuer à garder un rôle dans la société par le biais du travail. Il faudra développer des modèles (retraites progressives, temps partiel, etc.) qui correspondent au mieux aux besoins individuels. Et puis, le financement durable des retraites sera impossible sans une augmentation substantielle de la TVA. Et là, la droite et les organisations économiques devront lâcher du lest.

Une question de solidarité.

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