Grivatolivier

JOURNALISTE

Olivier Grivat est journaliste indépendant après avoir été rédacteur en chef adjoint de 24 Heures et travaillé 30 ans chez Edipresse. Licencié en droit, il s’est spécialisé dans les reportages et les sujets économiques (transports, énergie, tourisme et hôtellerie). Il a écrit plusieurs ouvrages, notamment sur la jeunesse suisse du roi de Thaïlande et la marine suisse de haute mer.

A l’impossible, nul n’est tenu

A l’impossible, nul n’est tenu

L’importance de l’électricité n’est plus à démontrer: lampes, ordinateurs, smartphones, ustensiles ménagers, pompes du chauffage à mazout ou de la colonne d’essence, rien ne fonctionne sans la «fée Electricité». Mais la fée a la peau délicate: quelques secondes de déséquilibre entre consommation et production de courant et tout le réseau peut s’effondrer. La panne peut durer plusieurs jours, car «remonter le réseau» est délicat. Le manque d’électricité n’est pas une pénurie ordinaire. Si le boulanger a vendu tout son pain, le client ira voir ailleurs. Mais s’il manque 1% du courant nécessaire à la stabilité du réseau, c’est tout un pays qui plonge dans le noir.

En Suisse, depuis le scénario imaginé pour 2050, le thème de la décarbonisation a pris de l’ampleur, quand bien même elle va entraîner une électrification supplémentaire.

Que se passera-t-il le jour où l’entier du parc automobile roulera au tout-électrique? Les éoliennes ont du plomb dans les pales, il faudrait simplifier les procédures d’autorisation. La digitalisation entraîne une augmentation de la consommation électrique avec des «data centers» très gourmands en électricité. Il en existe des dizaines, dont un à Lausanne et un important à Gland. Un seul consomme autant qu’une ville comme Nyon. Utilisons la chaleur pour la transformer en électricité.

L’Association des entreprises électriques suisses (AES) table sur une réduction de 30 à 50% d’énergies renouvelables produites par rapport aux prédictions qui avaient été faites, alors que la géothermie ne sera probablement jamais développée. Côté barrages, en raison des assainissements écologiques prescrits par la loi, il faudra tabler sur des pertes de production d’environ 6%, alors même qu’à partir de 2035, les concessions de dizaines de centrales suisses arriveront à échéance.

On voit mal la Stratégie énergétique 2050 aboutir en abandonnant tout recours au fossile. Au contraire, c’est un bouquet d’énergies (renouvelables et non renouvelables) qui va sauver la Suisse d’une plongée dans le noir.

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