Jean Romaine

consultante en communication, ex-rédactrice en chef à la RTS, présidente de l'UPF Suisse

Romaine Jean est consultante en communication, préside l'UPF Suisse et a été présidente de la Fondation Hirondelle. Elle a été rédactrice en chef des magazines, cheffe de la rubrique politique et présentatrice du 19.30. Elle a lancé notamment les émissions "Infrarouge", "Coulisses de l'évènement" et "Toute une vie" et présenté l'émission "forum des Européens", sur Arte. Elle est licenciée en sciences politiques.

L'orient-Le Jour, dans le naufrage du Liban

Dans la descente aux enfers sans fin du peuple libanais, le quotidien L'Orient-Le Jour tient debout et informe avec courage et détermination.

L’attention du monde est enfin braquée sur le Liban, dont la descente aux enfers ne semble pas avoir de fin. Il faut absolument consulter le site du quotidien L’Orient-Le Jour, en libre accès, pour sentir le pouls du peuple libanais, sa révolte indicible, depuis l’explosion meurtrière dans la banlieue sud de Beyrouth. «Ne nous dites plus jamais courage, dites-nous colère», écrit la journaliste et chroniqueuse Fifi Abou Dib, qui met en garde la classe politique. «Il a bon dos le peuple résilient. Dites-leur que nous ne serons plus jamais résilients. Et que les foules excédées préparent déjà leurs potences s’ils ne partent pas de leur plein gré».

Le quotidien L’Orient-Le Jour symbolise à lui tout seul la grandeur passée du Liban, «capitale intellectuelle de l’Orient arabe», comme dit Amin Malouf, qui ne s’est pas encore exprimé depuis le drame de mardi, mais qui n’en finit, dans son travail intellectuel, de tenter de comprendre les secousses sismiques du monde arabo-musulman, provoquées cette fois-ci par la corruption, la mal gouvernance, le clientélisme et 30 ans d’incurie. «C’est à partir de ma terre natale que les ténèbres ont commencé à se répandre sur le monde», dit l’Académicien et prix Goncourt.

On peut mesurer ces jours-ci la liberté de ton, la qualité de L’Orient-Le Jour, seul journal francophone libanais, l’un des meilleurs du monde arabe, dit le Courrier International, qui soutient ouvertement, depuis des mois, la révolution libanaise et qui ces jours récoltent des dons en faveur des victimes du 4 août. Sa survie, à l’image du Liban, dépend de l'aide extérieure. Selon les informations de la Tribune, L'Orient-Le Jour, qui édite également le mensuel économique Le Commerce du Levant, compte exclusivement sur les fonds d'investisseurs privés, proches de la France et de la francophonie et emploie 60 journalistes. 

Le Beyrouth de l’enfance d’Amin Maalouf, était le lieu du foisonnement intellectuel, du pluralisme, où convergeaient tous les intellectuels, cinéastes, écrivains, qui ne pouvaient plus s’exprimer chez eux. Mais relisons Le Naufrage des civilisations: «Au fil des ans, la terre libanaise est devenue un champ ouvert où se livrent d’innombrables combats: entre Russes et Américains, entre Israéliens et Palestiniens, entre Syriens et Palestiniens… entre Iraniens et Israéliens. Les murs de la petite patrie ont fini par se lézarder, des élégantes toitures jusqu’à la fondation. Ce délabrement matériel et moral est d’autant plus affligeant que le Beyrouth de ma jeunesse vivait, en matière de coexistence entre les régions, une expérience rare qui aurait pu, je crois, offrir à sa région si tourmentée et même à d’autres parties du monde, un exemple à méditer».

Il faut relire Amin Maalouf et suivre le site de L’Orient-Le Jour.

Du même auteur

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."