Veillet Thomas

FONDATEUR INVESTIR.CH

Thomas Veillet, 48 ans et des poussières, plus de vingt ans dans des salles de trading, blogueur, trader, râleur et plein d’autres choses. Thomas a passé pas mal de temps dans les grandes banques de la place, a été un banquier conforme avant de passer au non-conformisme. La création du «Morningbull» aura été le début d’un changement de direction vers plus d’indépendance. Aujourd’hui, il essaie de vulgariser le monde de la finance et de le raconter avec un angle décalé, histoire de prouver que ça peut aussi être drôle. Il y a bientôt deux ans, il a co-fondé le site Investir.ch, qui s'est rapidement imposé comme un des sites financiers romands - un site qui parle de finance sans détour, sans artifice et qui a une forte tendance à penser "outside the box" quand tout le monde est inside...

Le stimulus mystère

«Ils nous ont bien baladés avec leurs promesses et un brassage d’air incommensurable autour du sujet»

Je dois dire que les quelques semaines que l’on vient de traverser sont épiques. Je pense sincèrement que si vous êtes un scénariste de cinéma à Hollywood et que vous venez avec une idée de film basée sur l’automne 2020, on vous fera directement interner. On ne va pas dire que la première partie de l’année était plausible et crédible, mais l’automne commence à faire fort aussi. Je m’attends même carrément à un tsunami sur la Côte d’Azur, l’éruption d’un volcan en Auvergne et un confinement en France où on n’aurait même plus le droit d’acheter des livres – quoique la dernière projection est clairement irréelle.

Pourtant, au début du mois d’octobre, on avait presque l’impression que l’on revenait dans un monde normal – mis à part les quelques irréductibles qui portaient encore le masque seul dans leur voiture – une époque où l’on pouvait encore voir le sourire des femmes et où se serrer la main n’était pas encore péché. Et puis, après la correction du mois de septembre, on commençait à se dire qu’il y avait de bonnes affaires à faire sur les bourses mondiales, les analystes techniques commençaient presque à croire que l’on allait même retourner en direction des plus hauts de tous les temps – et ce, surtout de par le fait que Nancy Pelosi et Steve Mnuchin – respectivement cheffe de file des Démocrates américains et secrétaire du Trésor nommé sous Trump Premier – avaient décidé de faire équipe pour relancer l’espoir d’un stimulus. C’est d’ailleurs ce qui nous a tenus vivants jusque-là. L’espoir.

Le désespoir

Il faut dire qu’ils nous ont bien baladés avec leurs promesses et un brassage d’air incommensurable autour du sujet. Non, parce que si l’on devait mettre bout à bout les petits morceaux de hausse à la suite de faux espoirs donnés par ces deux-là et les soustraire à la performance des marchés, je crois que l’on serait presque en terrain négatif. Bien sûr, j’exagère…

Pour faire simple, on fait de la politique politicienne politisée par des politiciens professionnels – en gros ils se sont foutus de nous pendant tout le mois et à la fin – alors que les deux éventuels présidents se tapaient dessus à couteaux tirés –, on n’avait toujours pas vu l’ombre d’une esquisse d’un stimulus. C’est tout de même étrange de s’apercevoir qu’il est plus facile de trouver le financement pour commander une escadrille d’avions de chasse avec sièges éjectables équipés de l’air conditionné que de trouver du pognon pour aider l’Américain moyen à payer son loyer en pleine pandémie.

Il est de retour

Lorsque l’on voit ce qu’ils nous ont fait avec le stimulus, on aurait pu penser que le mois allait s’arrêter là. Sauf que le Covid est revenu. Ce fut assez soudain, mais, en même temps, assez rapide. Heureusement qu’entre la première vague et la seconde nous avons eu toute une tripotée d’experts qui se sont formés sur Facebook, nous sommes donc nettement plus à l’aise dans la compréhension de ce qui se passe. Par contre, au niveau de la solution, il n’y a pas grand-chose qui a changé; c’est tout le monde dedans et personne dehors – quant au train de mesures et qui peut faire quoi dans cette période de «confinement 2, le retour», les politiciens qui nous gouvernent ont réellement débordé d’imagination pour déterminer les commerces qui sont essentiels ou pas – bien que les propriétaires desdits commerces étaient tous d’accord pour dire que leur commerce était essentiel surtout pour eux déjà. En revanche, côté bourses et finance, on a été assez clair: on a la trouille et on a tout vendu.

Mais ce qu’il y a de bien dans ce monde, c’est que ça ne s’arrête jamais. Il n’y a qu’à voir l’élection présidentielle aux Etats-Unis. Rien qu’à l’idée de l’incertitude qui nous attend, je me dis que si on m’avait décrit une année 2020 comme celle-là, je ne l’aurais jamais cru.

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