Bilan

Sortera, le centre de tri 2.0?

Il s’agit d’un projet ambitieux qui est devenu réalité. Sortera a été inauguré en présence du président du Conseil d’Etat genevois Antonio Hodgers ainsi que des directions d’Helvetia Environnement et Sogetri. Le nouveau centre de tri des déchets est robotisé. Il vise à valoriser 100% des déchets.

Au sein de l'usine, les traditionnels tapis sont à côté des robots de tri.

Crédits: DR

L’efficience californienne, voici ce que cite en exemple le directeur d’Helvetia Environnement. Vincent Chapel affirme que la Californie, aux Etats-Unis, a atteint un taux de valorisation des déchets qui atteignent les 95%. En Suisse, et plus particulièrement, à Genève, ce taux est pour l’instant estimé à 50%. Le constat est simple: bon nombre de déchets terminent à l’incinérateur plutôt que d’être utilisés en substitut d’énergie fossile ou recyclé.

C’est précisément pour changer cela que Sogetri, Helvetia Environnement et ZenRobotics ont allié leurs forces. Le centre de tri des déchets – Sortera – est situé à Satigny. L’inauguration du site s’est faite jeudi 10 octobre, en présence notamment du président du Conseil d’Etat Antonio Hodgers. Il faut dire que le projet est conséquent, puisqu’il a nécessité 18 mois de travaux et sept années de gestation. Les 20'000 mètres carrés du centre devraient permettre de traiter 77'000 tonnes de déchets par année.

Valoriser, encore et encore

«Il faut augmenter la part de déchets recyclables dans les déchets mélangés», déclarait Thierry Vialenc lors du point presse qui précédait l’inauguration. Devant les journalistes présents, le directeur général de Sogetri a dit attendre une économie de 25’000 tonnes de matières recyclables, soit environ 13'000 tonnes de CO2 par année. Le chiffre à retenir est véritablement la valorisation des déchets.

Concrètement, s’il est possible d’en tirer un usage ultérieur que ce soit en le substituant à une énergie fossile ou en le recyclant et en le remettant dans le cycle, c’est gagné. Là encore, Sortera vise grand puisque le but fixé est d’atteindre les 70%.

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Si les chiffres sont élevés, c’est que la technologie rend cet objectif possible. ZenRobotics, une société finlandaise, a développé des robots trieurs. Grâce à plusieurs capteurs optiques, ils réalisent un premier tri qui permet aux employés du centre d’avoir un travail facilité.

Car les directeurs l’ont bien précisé : la robotisation n’entraînera pas une diminution des emplois sur le site. «Les gens auront d’autres conditions de travail», insiste Thierry Vialenc. Pour preuve, l’employé de Sortera qui effectuait la visite a montré aux journalistes les postes de tri. Après les quelque 80 tapis roulants (qui représentent environ 2 kilomètres), les employés font la dernière vérification à la main. Etienne de Beauval, directeur industriel de Sogetri, a montré du doigt divers éléments du décor.

Déjà, une plateforme que le travailleur peut régler à la hauteur qu’il souhaite, ce qui lui permet d’être plus ou moins penché devant les déchets. Ensuite, un conduit d’aération amène un flux d’air qui vise à réduire les odeurs et la poussière. Normalement, l’employé n’a plus à porter de masque.

Et les ménages?

A terme, Vincent Chapel ne cache pas son envie d’atteindre une valorisation de 100%. «Il y a aucune raison que l’on n’y arrive pas» assène-t-il. Aucune raison, vraiment? Le directeur a critiqué la politique fédérale, qui ne permettrait pas à Sortera de traiter les déchets ménagers. Des déchets qui partent souvent à l’incinérateur.

«En tant que citoyen, je trouve déplorable qu’il y ait encore des incinérateurs», tranche-t-il. Il se fend toutefois de déclarations plus diplomates en tant que directeur, puisqu’il comprend bien la mission et la politique fédérale. Il a par ailleurs souligné la politique avant-gardiste mise en place dans les années 90, lorsque les décharges ont été rendues interdites.

Toujours est-il que ce centre de tri et ses trois halles ne serviront pas à trier les déchets ménagers. Les déchets industriels, des entreprises et les encombrants du canton et les «à trier» du secteur du bâtiment passeront pas Satigny. Tous ces acteurs doivent réaliser un tri à la source, mais le tri des matières est jugé insatisfaisant pas les instigateurs du projet.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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