Bilan

Restauration genevoise, trop c’est trop!

Un collectif de restaurateurs genevois se réunit afin de dénoncer le manque de soutien du Conseil d’État. Alors qu’une lettre est actuellement dans les mains de l’exécutif, la balle est dans le camp du pouvoir en place.

Crédits: © Victor He

Ils sont plusieurs dizaines d’entrepreneurs genevois dans le secteur de la restauration à s’être réunis en catimini pour préparer leur ultime assaut à l’encontre du Conseil d’État. Avec le soutien d’un cabinet d’avocat et d’une société fiduciaire, ces patrons à bout de leurs ressources tirent une énième fois la sonnette d’alarme.

Et pour quelle raison? Contrairement au canton de Vaud par exemple, pour l’année 2020 les aides genevoises n'arrivent toujours pas et la situation actuelle dépasse le seuil critique avec des entreprises surendettées. Alors que le monde de la restauration s'est vu contraint de baisser le rideau, une prise de conscience des pouvoirs en place est vitale pour la survie de tout un pan de l’économie. Décryptage d’un imbroglio politique sur fond de crise sanitaire.

État d’urgence

Avec un chiffre d’affaires similaire, le montant des indemnisations perçues par les restaurants vaudois est 1,9 fois plus important que celui perçu par les restaurants de la Cité de Calvin. A l’exception de quelques aides ciblées pour la fermeture de novembre et de décembre, le canton de Genève n’a toujours rien versé pour l’année 2020. Fait incompréhensible pour le milieu de la restauration qui demeure dans l’attente d’un soutien concret.

Une situation inacceptable pour David Davinroy, patron de l’agence de conseil en restauration Good Morning Agency et de l’enseigne Bao Canteen, et cofondateur de ce mouvement avec Julien Roques, directeur du restaurant Susuru. «Nous sommes livrés à nous-mêmes depuis le début de cette crise sanitaire. Il est temps que nos dirigeants prennent enfin leur responsabilité. Si les choses ne changent pas, bon nombre d’établissements vont tout droit vers la faillite».

Comparatif entre GE et VD pour un établissement type
Comparatif entre GE et VD pour un établissement type

Cas de rigueur

Le fameux statut «cas de rigueur», dont le secteur de la restauration genevois ne fait pas partie pour l’année 2020, est à la source du problème. Genève continue de faire la sourde oreille et a refusé d’intégrer les restaurants dans cette catégorie l’année passée, ce qui aurait permis à ces derniers de recevoir le financement de la Confédération (soit 70% d’indemnisation pour les restaurants qui réalisent un chiffre d’affaires de moins de 5 millions et 100% d’indemnisation au-delà de cette limite). A ce jour, l’ensemble des aides est entièrement supporté par le budget cantonal ainsi qu’aux frais des seuls contribuables genevois. «Genève doit immédiatement revoir son dispositif et faire supporter le coût des indemnisations à la Confédération. Nous ne pouvons plus attendre. Le canton doit agir de toute urgence» rappelle David Davinroy.

Au-delà de la notion d’urgence en matière d’indemnisation, le but de ce collectif est d’essayer de comprendre la position du Conseil d’État face à ce chaos organisationnel. «Même si la priorité est de recevoir une indemnisation convenable couvrant toute la période de restriction économique, nous souhaitons surtout entamer une discussion afin de nous faire entendre. Chose qui n’est toujours pas le cas à ce jour». Les restaurants genevois ne méritent-ils pas de pouvoir se projeter avec un peu plus de sérénité ? D’autres cantons ont fait le nécessaire, pourquoi pas Genève ?


Comment vous sentez-vous ?

David Davinroy: Je me sens combatif et désemparé en même temps. La situation est critique et exceptionnelle. Je souhaite donc plus que tout que l’on puisse se mettre autour d’une table avec nos autorités et avoir un dialogue constructif.

Gardez-vous espoir ?

Oui, toujours… il le faut. De toute façon, nous n’avons pas vraiment le choix de faire autrement. Mais la situation reste extrêmement compliquée.

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Edouard Amoiel

Chroniqueur culinaire

Lui écrire

Petit-fils de restaurateur, fils de marchand de vins, diplômé de l’Ecole Hôtelière de Lausanne, chroniqueur culinaire pour le journal Le Temps et pour mon site Amoiel.ch, épicurien, aussi gourmand que gourmet, hédoniste, poète… l’idée d’écrire sur la gastronomie m’est apparue comme une évidence.

Ma démarche est avant tout de mettre en valeur et de faire découvrir des chefs, des restaurateurs, des producteurs et des créateurs. qui se donnent corps et âme à leur métier.

Alors, rejoignez-moi dans cette aventure culinaire truffée de gourmandises, de surprises et de plaisirs.

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